Castans, septembre 2013

Retraite spirituelle n° 2

Notre deuxième semaine de retraite spirituelle s’est donnée pour but d’approfondir les premières réflexions entreprises lors de la première semaine de Canhac.

Nous avons abordé aussi des sujets nouveaux.

En ce qui concerne la liturgie du Notre Père, nous avons mis en pratique la gestuelle qui l’accompagnait (agenouillement et prosternation).

Lors de notre méditation de l’après-midi, nous avons lu « la communauté, une nécessité inéluctable » de Ebherard Arnold et Andreas Ehrenpreis, témoignages de Chrétiens protestants sur la mise en pratique de la vie évangélique.

Lors de notre méditation du soir, nous avons lu et commenté les sept premiers chapitres de l’Évangile de Luc.

Nos réflexions ont porté sur :

1. L’engagement de vie en justice et en vérité du Chrétien et de la Chrétienne cathare :
– L’exigence de la véracité et de la vérité, prohibition absolue du mensonge.


2. La vie communautaire de l’Église cathare :
– Le Chrétien et son compagnon. Leurs fonctions et leur place au sein de l’Église.


3. Les rites de l’Église cathare :
– Prière (texte du Notre Père et sa gestuelle).


4. L’organisation matérielle de la maison cathare :
– Élaboration du projet de maison communautaire.

5. Deux sujets divers :
– Progression du Croyant dans l’Église.
– Qui est Jésus et qui est Christ ?

Extrait de notre méditation sur le texte de Luc 7 : 36- 50 :
C’ est l’un des plus beau récit de l’Évangile avec celui de Jean 8 : 1 – 11. Il s’agit d’une forte critique de la Loi. Il oppose un Pharisien, homme pieux et juste selon la Loi, à une femme dite « pécheresse », toujours selon la Loi, sans doute une prostituée. Elle n’observe pas la Loi, elle y contrevient, mais elle aime. Elle manifeste son amour à Jésus en baignant de ses larmes les pieds de Jésus. Ce que le pharisien est précisément  incapable de faire. Celui-ci ne témoigne aucun amour à Jésus. Il reste distant et méprise cette femme au pied de Jésus parce qu’elle est à ses yeux, ceux de la Loi, une « pécheresse ». Le texte ne dit pas explicitement pourquoi cette femme exprime un tel amour pour Jésus, mais il n’est pas difficile de le comprendre. À cause de son « péché », sans doute la prostitution que la Loi condamne, cette femme est méprisée par tout le monde, sauf par Jésus qui n’a pas de Loi pour considérer cette femme comme impure, comme « pécheresse ». À l’inverse du pharisien, Il ne la juge pas, mais l’accueille dans son Amour. Il l’aime. Et l’amour de l’un répond à l’amour de l’autre. Cette prosternation de la femme au pied de Jésus évoque le «Melioramentum» des Chrétiens cathares. Ce récit, démontre que la Loi est la contradiction de l’Amour. C’est ce texte qui annonce le message d’Amour de Jésus, c’est-à-dire l’Évangile. « Ta foi t’a sauvé. Va en paix ! » dit Jésus à cette femme que la Loi mosaïque juge « pécheresse ». Sa foi la sauve et non l’observation de la Loi. Elle peut reprendre désormais sa liberté. Elle n’est plus sous la coupe du jugement de la Loi.

Le Christianisme est une école de la liberté, non de la soumission et de l’interdit. Il n’invite pas au jugement, mais à l’Amour.

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