Canhac, janvier 2013

 Retraite spirituelle n° 1

Le but de cette première semaine de retraite spirituelle a été de réfléchir sur la fondation d’une maison cathare, c’est-à-dire de la première pierre de l’Église cathare.

Notre réflexion a porté sur la dimension concrète de la vie spirituelle cathare : la pratique et la foi, ainsi que que la mise en pratique du Notre Père avec sa liturgie et les trois carêmes hebdomadaires au pain et bouillon.

Nos échanges ont porté sur ces points :

1. L’engagement de vie en justice et en vérité du Chrétien et de la Chrétienne cathare :
– La dépossession matérielle.
– L’exigence de gagner son pain.
– Attitude morale. Refus de la violence, de l’état de supériorité ou d’autorité, du mensonge, etc.  au contraire, attention, douceur et humilité.
– Le ministère (prédication, rites et prières).
– Les règles alimentaires.
– L’obéissance.

2. La vie communautaire de l’Église cathare :
– Les fonctions au sein de l’église (ordonné, ancien, diacre, évêque.)
– La gestion de l’argent et des biens.
– Auditeurs, Croyants et Chrétiens.

3. L’organisation matérielle de la communauté :
– La maison.
– Le travail.
– La couverture sociale.
– La prise en charge des personnes âgées.

Extrait de notre réflexion sur la dépossession matérielle :
Il convient d’abord de faire le distinguo entre l’Église (la communauté) et le Chrétien (l’individu). Il s’agit en effet de deux champs distincts. L’Église est une personne morale, conceptuelle, alors que le Chrétien est une personne réelle, effective. C’est à lui que l’impératif évangélique de la dépossession s’applique. Seul un homme ou une femme peut répondre à l’impératif de Jésus : « Va, vends tout ce que tu as et suis moi ! » et non une institution qui n’a ni esprit, ni cœur. En caricaturant à l’extrême, l’Église peut être riche, mais chaque Chrétien doit être pauvre.

Dans l’Évangile, il faut remarquer que le mot possession est toujours lié à quelque chose de diabolique. Contrairement à ce que nous croyons, nous ne possédons pas les biens de ce monde, c’est eux qui nous possèdent. Ils nous assujettissent à ce monde et à ses convoitises. Ce qui doit être premier, c’est la dépossession de soi-même parce que tout découle de là. Se déposséder de soi-même, c’est se déposséder de tout ce qui est lié à soi en ce monde. Par suite, le Chrétien ne fait pas de discrimination vis-à-vis des autres hommes. Il ne rejette personne, ni n’accorde de préférence aux liens du sang. Le Chrétien renonce à lui-même parce que le Christ vit en lui. Son engagement en vie évangélique est un désintéressement de son propre sort. Il a accepté de mourir à ce monde. Se déposséder de tout rend libre, d’autant que la possession est consommatrice de temps et de peine. Passer sa vie à gagner des biens, c’est perdre son Esprit. Le toit, le couvert et le vêtement suffisent.

Mais attention, l’entrée dans l’Église ne veut pas dire disparaître ou s’effacer au profit de la communauté. Il ne s’agit pas de se mettre sous la tutelle de celle-ci ou sous la dépendance de qui que ce soit. Le Chrétien reste maître de lui-même et de son salaire. C’est en pleine liberté qu’il agit.

 

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