DÉPOSITION DE VIDAL VINHALS, D’ALBI

VIDAL VINHALS, D’ALBI

En l’an du Seigneur 1285, le 5 des nones de mars1, Vidal Vinhals, marchand d’Albi, placé en présence du révérend père, seigneur , évêque d’Albi par la grâce de Dieu, exerçant en tant que juge ordinaire d’Albi et d’Albigeois, et en tant qu’inquisiteur de la dépravation hérétique dans cette même circonscription, à la place de frère Jean Galand, inquisiteur de l’hérésie par nomination du siège apostolique, et de frère Guilhèm de Montclar, prieur des Prêcheurs d’Albi, de frère Guilhèm de Pierrelatte, lecteur du même couvent, et de moi Joan de Rocoles, notaire du seigneur roi dans la sénéchaussée de Carcassonne et de Béziers, interrogé en matière d’hérésie a juré de dire la vérité, tant sur lui-même que sur les autres, vivants et morts. Il dit et confesse spontanément qu’il y a douze ans environ2, Pèire Bec, aubergiste d’Albi, lui dit, au témoin qui dépose, que ceux que l’on appelle hérétiques étaient des bons hommes, suivaient une bonne voie, avaient une bonne foi et menait une bonne vie, et que s’il les aimait, il obtiendrait en retour beaucoup de bienfaits et obtiendrait bien mieux le salut de son âme par ces hérétiques que par n’importe qui d’autre, et enfin que, lui, Pèire Bec, les lui amènerait, c’est-à-dire au témoin qui dépose, quand ce dernier le voudra. Un an après environ, ledit Pèire Bec vint à son officine, celle du témoin qui dépose, et lui demanda s’ils pouvaient boire ensemble dans sa maison, celle du témoin qui dépose. Le témoin lui répondit oui. Alors, ledit Pèire Bec alla chercher lesdits hérétiques et les amena à sa maison, celle du témoin.
Interrogé pour savoir s’ils adorèrent alors lesdits hérétiques, il dit que oui, en fléchissant trois fois les genoux selon le rite et le mode par lesquels les croyants seulement adorent les hérétiques. Interrogé pour savoir si quelqu’un vint voir lesdits hérétiques dans la maison du témoin cette nuit-là, il dit que non. Interrogé pour savoir quand ils repartirent de ladite maison, il dit en fin de matinée. Interrogé pour savoir s’il sait où ils allèrent, il dit que non. Interrogé pour connaître la personne avec qui les hérétiques repartirent, il dit personne. Interrogé sur le noms des hérétiques, il dit qu’il l’ignore et qu’il ne le demanda pas. Interrogé pour savoir s’il sait où les hérétiques logeaient, il dit que non. Interrogé pour savoir si quelqu’un de sa maison a vu ces hérétiques, excepté le témoin, il dit pas cette nuit-là. Interrogé pour savoir l’heure à laquelle les hérétiques vinrent dans sa maison, il dit vers complies.

De même, il dit et confesse qu’il y a neuf ou dix ans3, Nana, la défunte épouse de Pèire Bouis, d’Albi, fut malade dans la maison de ce Pèire Bouis ,de l’affection dont elle mourut. Alors, un soir, les deux susdits hérétiques, que Pèire Bec avait précédemment amené dans sa maison, celle du témoin, vinrent à sa maison, celle du témoin, par leur propre moyen puisque lui, le témoin ne vit pas qu’ils eurent un guide. Il les reçut et les hérétiques lui dirent que l’épouse de Pèire Bouis, la susdite malade, était malade et qu’ils voulaient se rendre chez elle parce qu’ils devaient la recevoir dans leur secte selon sa volonté. Après que lesdits hérétiques aient mangé avec le témoin dans sa maison, là où ils étaient alors, tant le témoin que lesdits hérétiques se rendirent ensemble chez ladite malade, là où elle était alitée. Ils y trouvèrent Pèire Bouis, susdit mari de ladite malade, Elis, la défunte épouse de Guilhèm Talhafer, Gailharda, la défunte épouse de Raimon Talhafer, sœurs de cette malade, Berenguièr et Asemar Brosa, frères de ladite malade, lesdits Guilhèm et Raimon Talhafer, frêres, maris desdites Elis et Galharda. Tant le témoin que toutes et chacune des personnes susnommées adorèrent lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux selon le rite et l’usage des hérétiques, et la malade adora lesdits hérétiques comme elle put. Ensuite, ladite malade plaça ses mains entre les mains d’un desdits hérétiques, et demanda à être reçu dans leur foi et secte, espérant et voulant être sauvée par eux. Alors, lesdits hérétiques la reçurent et l’hérétiquèrent selon le rite et usage des hérétiques, en posant un livre sur la malade et en disant des paroles que lui, témoin qui dépose, ne comprit pas. Par la suite, au départ, tant lui-même, le témoin, que toutes et chacune des personnes susnommées adorèrent de nouveau lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux selon le rite et l’usage des hérétiques. Laissant là toutes et chacune des personnes susdites, lui, le témoin, s’en alla avec lesdits hérétiques jusqu’à la porte de sa maison où il les quitta.
Interrogé sur les noms desdits hérétiques, il dit que l’un s’appelait Pèire Aicart et que l’autre s’appelait Raimon Delvilar, à ce qu’il lui semble. Interrogé sur l’année, le lieu et les personnes, il dit comme au-dessus. Sur le jour, il ne s’en souvient plus. Interrogé sur l’heure, il dit que c’était de nuit.

De même, il dit qu’il y a trois ans environ4, Bec Fumet, d’Albi, fut malade, à Albi, dans sa maison, de l’affection dont il mourut. Une nuit, pendant cette maladie, deux hérétiques5 vinrent dans sa maison, celle du témoin qui dépose. Ils dirent au témoin que Guilhèm Arpia, chaudronnier d’Albi, leur avait dit que le susdit Bec Fumet était malade et qu’il voulait qu’ils viennent le recevoir ou l’hérétiquer, et que c’est pour cela qu’ils voulaient aller faire cette hérétication. Alors, lui, témoin qui dépose, se rendit à la maison dudit malade avec ces hérétiques et ils entrèrent là où il était alité. Ils y trouvèrent maître Bernat Chatmar, juriste, gendre du malade, son épouse, fille dudit malade, l’épouse de frère Raimon Cogorla, qui est également la fille dudit malade. Tant le témoin que toutes et chacune des personnes susnommées adorèrent lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux selon le rite et l’usage des hérétiques, et le malade adora lesdits hérétiques comme il put. Ensuite ledit malade plaça ses mains entre les mains d’un desdits hérétiques et demanda à être reçu dans leur foi et secte, espérant et voulant être sauvé par eux. Alors ces hérétiques le reçurent et l’hérétiquérent selon le rite et usage des hérétiques, en disant des paroles au-dessus du malade que lui, le témoin, ne comprit pas. Ensuite, au départ, tant lui-même, témoin qui dépose, que toutes et chacune des personnes susnommées adorèrent lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux selon le rite et l’usage des hérétiques. Laissant là toutes et chacune des personnes susdites, lui, le témoin, s’en alla jusqu’à la porte de sa maison avec lesdits hérétiques et là, lesdits hérétiques s’en allèrent.
Interrogé sur le lieu où lesdits hérétiques se rendirent, il dit qu’il l’ignore. Interrogé si le malade leur légua ou donna quelque chose, il dit qu’il l’ignore. Interrogé sur l’année, le lieu et les personnes, il dit comme au-dessus. Concernant le jour, il ne s’en souvient plus. Interrogé sur l’heure, il dit que c’était de nuit. Interrogé sur les noms desdits hérétiques, il dit qu’il l’ignore.

De même, il dit qu’il y a cinq mois environ6, Raimon Mascot, marchand, fut malade à Albi, dans la maison de Guilhèm Mascot, son oncle, de l’affection dont il mourut. Une nuit durant ladite maladie, les deux susdits hérétiques7, dont il a été fait mention juste au-dessus, vinrent à son logis, celui du témoin, et lui dirent que le susdit Raimon Mascot était malade et qu’ils voulaient lui rendre visite pour l’hérétiquer et le recevoir dans leur secte. Alors, tant lui, le témoin, que les susdits hérétiques se rendirent jusqu’à la porte de la maison où ledit Raimon Mascot était alité. Lesdits hérétiques entrèrent alors dans ladite maison mais lui, le témoin, resta dehors, à ce qu’il dit, et retourna à sa maison. Plus tard dans la nuit, lesdits hérétiques vinrent à la porte du témoin que lui, le témoin, leur ouvrit. Lesdits hérétiques lui dirent alors qu’ils avaient hérétiqué ledit Raimon Mascot et Guilhèm Mascot, son oncle, qui étaient tous deux malades, et ils les reçurent dans leur secte et les hérétiquèrent selon le rite et l’usage des hérétiques. Ensuite, ils lui dirent qu’ils avaient plusieurs bons amis dans la ville d’Albi, à savoir Raimon Augier, Berenguièr Brosa, maître Bernat Chatmar, Pèire Mir, Pèire Aimerc, Raimon de Laporta, savetier, qui est aussi appelé Raimon Gari, et Guilhèm Golfier.
Interrogé sur ce que firent <ensuite> lesdits hérétiques, il dit qu’ils s’en allèrent. Interrogé pour savoir où ils allèrent, il dit qu’il l’ignore. Interrogé Sur le jour, il ne s’en souvient plus. Interrogé sur l’heure, il dit que c’était de nuit. Interrogé pour savoir qui les avait conduits à sa maison, il dit qu’il l’ignore parce qu’il ne vit qu’eux. Interrogé s’il connaît celui qui leur avait dit que Raimon Mascot était malade, il dit qu’il l’ignore.

De même, il dit que vers la dernière Nativité du Seigneur8, Pèire Aimeric fut malade à Albi, dans sa maison, de l’affection dont il mourut. Une nuit durant ladite maladie, ledit Pèire Aimeric dit au témoin qui dépose qu’il voulait être hérétiqué, et il lui demanda de venir quand il le lui ferait savoir. Finalement, une nuit, Pons Nicolau et lui, le témoin, se rendirent ensemble avec les susdits hérétiques9 à la maison dudit Pèire Aymeric et frappèrent à la porte. Raimon de Brin, neveu dudit malade Pèire Aimeric, leur ouvrit. Ils trouvèrent là, devant la porte de la maison dudit Pèire Aimeric, Joan de Castanet, Pèire Bec et frère Raimon, dit Cogorla, d’Albi. Tant lui, le témoin, que toutes les personnes susnommées entrèrent dans la maison avec lesdits hérétiques, montèrent à l’étage et entrèrent dans la chambre où le malade était alité. Alors, tant lui, le témoin, que toutes et chacune des personnes susnommées adorèrent lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux selon le rite et l’usage des hérétiques, et le malade adora lesdits hérétiques comme il put. Ensuite, le malade demanda à être reçu dans leur foi et secte, espérant et voulant être sauvé par eux. Plaçant ses mains entre les mains d’un desdits hérétiques, ces derniers le reçurent à la manière hérétique et l’hérétiquèrent selon le rite et usage des hérétiques, après avoir posé un livre sur le malade et énoncé au-dessus de lui des paroles que lui, témoin qui dépose, ne comprit pas. Après cette hérética­tion, toutes et chacune des personnes susnommées adorèrent de nouveau lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux selon le rite et l’usage des hérétiques. Par la suite, sortant de là, ils s’en allèrent, à savoir lui, le témoin, et Pons Nicolau avec lesdits hérétiques, et lorsqu’ils arrivèrent à la maison dudit Pons Nicolau, lesdits hérétiques y entrèrent.
Interrogé si le malade légua ou donna quelque chose auxdits hérétiques, il dit que oui, à savoir cent tournois blancs enroulés dans un tissu de lin. Interrogé sur celui qui leur remit lesdits deniers, il dit que ledit malade les remit lui-même en mains propres. Interrogé sur l’année, le lieu et les personnes présentes, il dit comme au-dessus. Interrogé sur le jour, il dit qu’il ne s’en souvient plus. Interrogé sur l’heure, il dit que c’était de nuit. Interrogé sur les noms desdits hérétiques, il dit qu’il l’ignore. Interrogé pour savoir comment il sait qu’il y avait cent sols, il dit que c’est ce que ledit malade a dit lui-même quand il les leur remit.

De même, avant la nuit où décéda ledit Pèire Aimeric, les susdits hérétiques vinrent à la maison du malade et voulurent accéder au malade pour lui rendre visite. Mais comme il y avait plusieurs personnes dans la chambre, ils ne purent pas faire ce qu’il voulaient, de peur d’y être reconnus et démasqués. Alors, Pons Nicolau s’en alla avec lesdits hérétiques tandis que lui, le témoin, resta dans la maison dudit malade.
Interrogé s’il sait où ils allèrent, il dit que non. Interrogé sur l’heure, il dit que c’était de nuit. Interrogé sur l’année, il dit comme au-dessus. Interrogé sur le lieu, il dit comme au-dessus. Sur le jour, il ne s’en souvient plus.

De même, la même année, le trois des nones de mars10, en présence des mêmes personnes et de moi, notaire susnommé, Vidal Vinhals dit et confesse spontanément, après avoir recouvré la mémoire, qu’il y a deux ans environ11, Raimon de Sohel, pareur de tissus, fut malade à Albi, dans sa maison, de l’affection dont il mourut. Une nuit durant ladite maladie, deux hérétiques, à savoir ceux qu’il a mentionnés au-dessus12, vinrent à sa maison, celle du témoin qui dépose. Ils lui dirent que le susdit Raimon de Sohel était malade, qu’il avait demandé les hérétiques et qu’il voulait être hérétiqué, et il lui demandait de venir chez lui avec ces hérétiques. Ce qu’il fit aussitôt. Lui, le témoin, et les susdits hérétiques se rendirent à la maison dudit malade. En entrant dans la chambre où ledit malade était alité, ils y trouvèrent Amat de Sohel, clerc marié, neveu dudit malade, et l’épouse dudit malade. Tant lui-même, le témoin, que toutes et chacune des personnes susnommées adorèrent lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux selon le rite et l’usage des hérétiques, et le malade adora lesdits hérétiques comme il put. Ensuite, ledit malade plaça ses mains entre les mains d’un desdits hérétiques et demanda à être reçu dans leur foi et secte, espérant et voulant être sauvé par eux. Alors, ces hérétiques le reçurent et l’hérétiquèrent selon le rite et usage des hérétiques, en posant un livre sur le malade et en disant des paroles que lui, témoin qui dépose, ne comprit pas. Par la suite, au départ, tant lui-même, témoin qui dépose, que toutes et chacune des personnes susnommées adorèrent de nouveau lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux selon le rite et l’usage des hérétiques. Laissant là les personnes susdites, lui, le témoin, se rendit avec les susdits hérétiques jusqu’à la porte de sa maison où lesdits hérétiques s’en allèrent, à ce qu’il dit.
Interrogé pour savoir s’il sait où il se rendirent, il dit que non. Interrogé pour savoir si le malade légua ou donna quelque chose auxdits hérétiques, il dit que non, à ce que vit le témoin. Sur le jour, il ne s’en souvient plus. Interrogé sur l’heure, il dit que c’était de nuit. Interrogé pour savoir s’il connaît celui que ledit malade envoya chercher lesdits hérétiques, il dit qu’il l’ignore.

De même, il dit que six ans environ13 se sont écoulés depuis que Guilhèm UC, marchand d’Albi, fut malade à Albi, de l’affection dont il mourut. Une nuit durant ladite maladie dudit Guilhèm UC, marchand, les susdits hérétiques, que le témoin a mentionnés juste au-dessus14, vinrent à sa maison, celle du témoin, et lui dirent que Sicard de Belvèze, damoiseau de Lombers, les avaient envoyés chercher sur la demande de Guilhèm UC pour être hérétiqué, parce qu’il voulait et espérait être sauvé par eux. Alors lesdits hérétiques lui dirent, au témoin, qu’ils étaient allés à la maison du susdit Guilhèm Uc et qu’ils avaient hérétiqué le susdit malade Guilhèm UC. Ceux qui assistèrent à ladite hérétication sont : le susdit Sicard de Belvèze, de Lombers, Guilhèm Uc, fils dudit malade, et l’épouse dudit malade, sœur dudit Sicard.
Interrogé pour savoir s’il sait ou entendit dire par ces hérétiques qu’il y avait d’autres personnes à cette hérétication, il dit qu’il n’a pas entendu qu’il y en ait eu d’autres, d’après ses souvenirs. Interrogé pour savoir s’il sait ce que firent alors lesdits hérétiques ou en quel lieu ils se rendirent, il dit que non. Interrogé s’il entendit que ledit malade donna quelque chose à ces hérétiques, il dit que non. Interrogé sur le jour, il ne s’en souvient plus. Interrogé de même sur l’heure, il dit comme au-dessus. Interrogé sur les personnes qui étaient présentes quand les hérétiques lui dirent cela, il dit qu’il était seul. Interrogé sur le lieu, il dit comme au-dessus.

De même, en l’an 1285, le jour des nones de mars15, en présence du seigneur évêque, des frères susdits, et de moi, notaire susnommé, Vidal Vinhals dit et confesse spontanément, ayant recouvré la mémoire, qu’il y aura un an à la prochaine fête de Pâques16, Pèire Aimeric, d’Albi, fut malade de l’affection dont il se rétablit, dans sa maison à Albi. Une nuit durant ladite maladie, ce malade envoya Raimon de Brin, neveu dudit malade, le chercher, lui le témoin, dans sa maison. S’étant rendu à la maison du malade, lui, témoin qui dépose, trouva dans la chambre dudit malade Pons Nicolau, peaussier, Joan de Castanet, Raimon de Brin, beau-frère dudit malade, et le fils de ce Raimon qui alla chercher le témoin et deux hérétiques. Alors, tant lui-même, le témoin, que toutes et chacune des personnes susnommées adorèrent lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux selon le rite et usage des hérétiques, et le malade adora lesdits hérétiques comme il put. Ensuite, ledit malade plaça ses mains entre les mains d’un desdits hérétiques et demanda à être reçu dans leur foi et secte, espérant et voulant être sauvé par eux. Alors ces hérétiques le reçurent et l’hérétiquèrent en posant un livre sur le malade et en disant des paroles que lui, témoin qui dépose, ne comprit pas. Par la suite, au départ, tant lui-même, témoin qui dépose, que toutes et chacune des personnes susnommées adorèrent lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux selon le rite et l’usage des hérétiques. Laissant là lesdits hérétiques et les autres personnes susnommées, lui, le témoin, s’en alla.
Interrogé pour savoir si ledit malade légua ou donna quelque chose auxdits hérétiques, il dit qu’il l’ignore. Interrogé sur les noms desdits hérétiques, il dit qu’il l’ignore. Interrogé sur l’année, le lieu et les personnes, il dit comme au-dessus. Sur le jour, il ne s’en souvient plus. Interrogé sur l’heure, il dit que c’était de nuit.

De même, il dit qu’il y a cinq ou six ans17, les susdits hérétiques, qu’il a mentionnés au-dessus dans sa déposition18, vinrent une nuit, dans sa maison. Lui, le témoin, leur dit et demanda pour quelle raison ils venaient. Ces derniers lui répondirent que Pèire savetier, et Pèire Airebal, laboureur, d’Albi, les avaient envoyés chercher et qu’ils devaient venir les rejoindre ici maintenant. Tout de suite après, les susdits Pèire Capus et Pèire Airebal arrivèrent ensemble à sa maison, celle du témoin, et repartirent avec les susdits hérétiques, le témoin restant dans sa maison, à ce qu’il dit.
Interrogé pour savoir s’il sait ou entendit où les hérétiques se rendirent ou ce qu’ils firent. Il dit qu’ils ne le lui dirent pas. Interrogé pour savoir s’ils mangèrent alors dans la maison du témoin, il dit que non. Interrogé si alors le témoin et les susdits Pèire Capus et Pèire Airebal adorèrent lesdits hérétiques ou leur firent le révérence, il dit que non. Interrogé sur l’année et le lieu, il dit comme au-dessus. Sur le jour, il ne s’en souvient plus. Sur l’heure, il dit que c’était de nuit.

De même, la même année, aux ides de mars19, en présence du seigneur évêque, et de frère Joan Vigoròs, inquisiteur de l’hérésie, a reconnu que ce qu’il a dit est vrai et sûr.
Questionné pour savoir s’il crut que les hérétiques étaient des bons hommes, qu’ils avaient une vraie et bonne foi et que les hommes pouvaient être sauvés dans leur secte, il répond que oui et qu’il fut dans cette croyance pendant huit ans environ, mais il abandonna cette croyance vers la dernière Nativité du Seigneur20. Il jure aussi de rester sous le contrôle de l’Église, et abjure publiquement toute hérésie devant le révérend père, le seigneur évêque, et devant frère Joan, inquisiteur de l’hérésie. Il fut également absous par le susdit inquisiteur de la sentence d’excommunication à laquelle il était liée du fait qu’il avait été croyant des hérétiques.
Témoins : frère Guilhèm de Montclar, prieur des Prêcheurs d’Albi, Guilhèm, lecteur du même couvent, Bertran Jacme, adjoint dudit inquisiteur, maître Pèire Radulfe, notaire dudit inquisiteur et moi, Joan de Rocoles, etc.

De même, la même année, le 14 des calendes d’avril21, le témoin, placé en présence du révérend père, seigneur , évêque d’Albi par la grâce de Dieu, et de frère Jean Galand, inquisiteur, à Albi, dans le palais épiscopal, a dit et a reconnu vrai tout ce qu’il a confessé, après que cela lui a été lu et énoncé en vulgaire en présence des témoins suivants : frère Guilhem de Montclar, prieur des Prêcheurs d’Albi, frère Guilhèm de Pierrelatte, lecteur du même couvent, frère Jacme Olivier, adjoint dudit inquisiteur, maître Raimon de Malviès, notaire de l’inquisiteur, et moi, Joan de Rocoles etc.

De même, en l’an du Seigneur 1286, le 3 des nones de mai22, le témoin ayant juré et placé en présence des frères Guillaume de Saint-Seine et Jean Galand, inquisiteurs, a reconnu vrai tout ce qu’il a confessé judiciairement en plusieurs fois sur le crime d’hérésie, après que cela lui a été lu et énoncé en vulgaire. Sommé par les inquisiteurs de dire librement et en toute sécurité si tout ou partie de ce qu’il a dit, a été dit par amour, par haine, ou par crainte de la prison ou bien encore incité et suborné par quelqu’un, il répond que non. Il l’a fait seulement pour le salut de son âme et par amour de la foi chrétienne.

Il fit cette déposition à Albi, dans le palais épiscopal nouveau, par devant les susdits inquisiteurs et en présence des témoins suivants : révérend père, seigneur , évêque d’Albi par la grâce de Dieu, les frères de l’ordre des Prêcheurs, Guilhèm de Montclar, prieur des Prêcheurs d’Albi, et Guilhèm de Pierrelatte, lecteur des frères Prêcheurs d’Albi, Arnal Delgras, Arnal Archembal, maître Joan de Rocoles, notaire, et moi, Raimon de Malviès, notaire de l’inquisition, qui fut présent à ladite lecture et qui ai reçu en mon nom tout ce qui a été confessé par le témoin.

De même, en l’an du Seigneur 1287, le 5 des calendes d’avril23, Vidal Vinhals, d’Albi, par devant le révérend père en Christ, seigneur Bernard, évêque d’Albi par la grâce de Dieu, et la religieuse personne, frère Jean Galand, inquisiteur de l’hérésie dans le royaume de France par nomination de l’autorité apostolique, a juré, et interrogé pour qu’il se confesse plus entièrement en matière d’hérésie, dit spontanément et ajoute à sa confession, que Raimon Fumet assista à l’hérétication de Pèire Aimeric quand ce dernier fut hérétiqué au cours d’une maladie dont il se rétablit, il y aura trois ans environ à la prochaine Pâques24. Alors, ledit maître Raimon adora là lesdits hérétiques25 avec lui, le témoin, et les autres personnes qui étaient présentes, que lui, le témoin, a nommées dans sa déposition en ce qui concerne la susdite hérétication, en fléchissant trois fois les genoux à la manière des hérétiques, à l’arrivée et au départ, selon ce que lui, le témoin a déposé sur lui-même et sur les autres personnes dans sa déposition et correction faite sur ce fait.
Interrogé sur l’époque, il dit comme au-dessus. Sur le lieu, il dit dans la maison dudit Pèire Aimeric. Sur les personnes, il dit comme au-dessus. Sur l’heure, il dit que c’était de nuit.

De même, le témoin dit qu’il y a huit ans environ26, à ce qu’il lui semble, il amena Raimon Borseza, d’Albi, dans son logis, celui du témoin, et incita ce Raimon à voir les hérétiques. Alors là, dans sa cave, il lui montra les hérétiques et cela plut beaucoup à ce Raimon. Et là, tant lui-même, le témoin, que ledit Raimon ado­rèrent lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux à la manière hérétique, à l’arrivée et au départ, en disant « Bénissez », et ils entendirent là l’enseignement desdits hérétiques.
Interrogé sur l’époque, le lieu et les personnes, il dit comme au-dessus. Sur l’heure, il dit que c’était de nuit. Interrogé sur les noms desdits hérétiques, il dit comme ce qu’il a dit plus haut dans sa déposition.

De même, le témoin dit qu’il y a dix ans environ27, les susdits hérétiques28 lui dirent que maître Jacme d’Orban, juriste d’Albi, était l’un de leurs meilleurs amis, qu’il leur avait fait beaucoup de biens et qu’ils avait pris soins d’eux à Montpinier, lorsque ce dernier était recteur de l’église dudit lieu.
Interrogé sur l’époque, il dit comme au-dessus. Concernant le lieu où les hérétiques le lui dirent, il dit dans la maison du témoin.

De même, le témoin dit qu’il y a cinq ans environ29, Pons Nicolau lui dit que les hérétiques étaient dans la maison de ce Pons et que Guilhèm Pico, peaussier, voulait voir les hérétiques. Il le suivit alors chez lui. Ils entrèrent dans la cave de ce Pons où se trouvaient les hérétiques. Tant lui-même, le témoin, que ledit Guilhèm Pico et Pons Nicolau adorèrent lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux à la manière hérétique, à l’arrivée et au départ. Ils écoutèrent là l’enseignement des hérétiques.
Interrogé sur l’époque, le lieu et les personnes, il dit comme au-dessus. Sur l’heure, il dit que c’était de nuit.

De même, le témoin dit qu’il y a huit ans environ30, il incita maître Raimon Fumet à voir et à aimer les hérétiques, et il l’emmena dans sa maison, celle du témoin, une nuit dont il ne se rappelle plus. Là, ledit maître Raimon vit les hérétiques31 dans la cave du témoin et les adora en fléchissant trois fois les genoux à la manière hérétique, à l’arrivée et au départ, à sa vue, celle du témoin, et ils écoutèrent là, tous deux, l’enseignement des hérétiques.
Interrogé sur l’époque, lieu et les personnes, il dit comme au-dessus.

De même, le témoin dit qu’il y a sept ans environ32, il vit lesdits hérétiques dans la maison de maître Raimon Fumet. Lui-même, le témoin, ledit maître Raimon et maître Bernat Chatmar adorèrent là lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux à la manière hérétique, et ils entendirent leur enseignement.
Interrogé sur l’heure, il dit que c’était à la tombée de la nuit.

De même, il dit qu’il y a dix ans environ33, il entendit lesdits hérétiques34 dire que Domenge de Milhars était l’un de leurs meilleurs amis, qu’il leur avait fait beaucoup de biens, qu’ils furent reçus plusieurs fois par lui dans sa ferme et qu’ils avaient là un bon logis.
Interrogé sur le lieu où il l’entendit, il dit dans sa maison, celle du témoin.

De même, il dit qu’il y a cinq ans environ35, il entendit Pons Nicolau dire qu’il avait montré les hérétiques à Bernat Lentin, sabotier, et à Raimon Pagut, d’Albi, dans la maison de ce Pons. Là, dans la maison de ce Pons, ils les adorèrent et écoutèrent leurs enseignements hérétiques.
Interrogé sur le lieu où ledit Pons le lui a dit, il dit dans la rue, près de son logis, celui du témoin.

De même, il dit se souvenir de la présence de maître Raimon Fumet à l’hérétication de Bec Fumet, dont il a fait mention dans sa déposition, avec les autres personnes citées dans ladite hérétication. Là, avec les autres personne, ledit maître Raimon adora lesdits hérétiques en fléchissant trois fois les genoux à la manière hérétique, à l’arrivée et au départ.
Interrogé sur l’époque et le lieu, il dit comme au-dessus. Concernant l’heure, il dit que c’était de nuit.

De même, il dit que maître Raimon Fumet assista à l’hérétication de Nana Bouis, défunte épouse de Pèire Bouis, au sujet de laquelle le témoin a déposé plus haut, et il adora lesdits hérétiques avec les personnes citées par lui-même, le témoin, qui étaient présentes, en fléchissant trois fois les genoux à la manière hérétique, à l’arrivée et au départ.
Interrogé sur l’époque, le lieu et les personnes, il dit ce qu’il a dit plus haut.

De même, il dit qu’il y a douze ans environ36, Bernat de Laval, d’Albi, lui dit, au témoin, un jour dont il ne se souvient plus, dans son officine, celui du témoin, de venir à sa maison, celle de ce Bernat, parce que sa mère était malade et voulait mettre en ordre ses affaires. Ils partirent alors aussitôt, tous deux, à la susdite maison où ils trouvèrent non seulement la mère malade du susdit Bernat, mais aussi Raimon Pagut et deux hérétiques dont il dit ignorer les noms. Toutes les personnes susdites virent lesdits hérétiques dans ladite maison. Lui, le témoin vit les personnes susdites adorer lesdits hérétiques, mais lui-même ne le fit pas. Et sur la requête dudit Raimon Pagut, le témoin promit, en posant sa main dans la main dudit Raimon, qu’il ne le révélerait pas.
Interrogé sur l’époque, le lieu et les personnes, il dit comme au-dessus. Sur l’heure, il dit que c’était de jour, vers vêpres.

Deux ans après environ37, ledit Raimon Pagut dit au témoin, dans son officine, que lesdits Raimon, Bernat et sa mère avaient fait leurs affaires privées avec lesdits hérétiques, et ils lui demandaient de ne le révéler en aucune façon. Lui, le témoin, promit qu’il ne le révélerait pas.

De même, il dit que huit ans environ38 se sont écoulées depuis que maître Isarn Ratier vint à son officine, celui du témoin, un jour dont il ne se souvient plus. Il lui dit, au témoin, confidentielle­ment, qu’il était venu lui parler des hérétiques – que ce maître Isarn avait reçus dans sa maison et qui lui avait été envoyé depuis le pays de Lombers – et il voulait que lui, le témoin, vienne à sa maison pour voir lesdits hérétiques. Ce qu’il fit la nuit suivante. Il y trouva ledit maître Isarn, Domenge de Milhars, Pèire Gorgal qui était marchand, et Raimon Bonier, clerc marié. Toutes ces personnes, après avoir promis qu’ils ne le révéleraient pas, adorèrent lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux à la manière hérétique, à l’arrivée et au départ, et ils écoutèrent leurs enseignements et prédications.
Interrogé sur les noms desdits hérétiques, il dit qu’il l’ignore parce qu’ils ne les avait jamais vus auparavant. Interrogé sur l’époque, le lieu et les personnes, il dit comme au-dessus.

De même, il dit que six ans environ39 se sont écoulés depuis que Pons Nicolau lui dit, au témoin, de venir à sa maison, une nuit dont il dit ne plus se souvenir. Ce qu’il fit. Il y trouva alors Aimeric Amat, marchand, Asemar Brosa, frère de Berenguièr Brosa, Guilhèm Pico et deux hérétiques que lui, le témoin, a mentionné dans sa déposition40. Toutes et chacune des personnes susnommées, y compris Pons Nicolau, adorèrent lesdits héré­tiques, en fléchissant trois fois les genoux, à l’arrivée et au départ, et ils entendirent leur enseignement et prédication.
Interrogé sur l’époque, le lieu et les personnes, il dit comme au-dessus.

De même, le témoin dit que trois ans environ41 se sont écoulés depuis que lui-même et Raimon Fumet étaient partis se promener au potager du témoin. Ce maître Raimon lui dit alors que deux ans s’étaient écoulés depuis qu’il avait vu les hérétiques dans la maison de Berenguièr Brosa, dans la cave où se trouve une source, et que maître Raimon Fumet, Berenguièr Brosa et d’autres personnes – mais qui elles étaient, il ne le lui a pas dit – étaient alors présents.
Interrogé sur l’époque, le lieu et les personnes, il dit comme au-dessus.

De même, il dit qu’il y a six ans environ42, Olric, jadis chanoine de Saint-Salvi et prieur de Montsalvy, lui dit, au témoin, dans son officine, qu’il accueillait parfois les hérétiques dans son susdit prieuré, et qu’il avait l’intention de les amener à Albi, dans la maison du prieur de ce chanoine, et que c’est alors là que le témoin et maître Raimon Fumet pourront les voir. Deux mois plus tard environ, un jour dont il ne se souvient plus, ledit chanoine lui dit, au témoin, et à maître Raimon, dans son officine, celle du témoin, que les hérétiques étaient dans la maison susdite et qu’ils pouvaient venir les voir de nuit. Ce qu’ils firent. Y furent présents : le susdit chanoine, le témoin, maître Raimon Fumet et Raimon Bonier, clerc. Lui-même, le témoin, et les personnes susnommées écoutèrent là l’enseignement des hérétiques et les adorèrent à la manière hérétique, à l’arrivée et au départ.
Interrogé pour connaître qui étaient ces hérétiques, il dit ceux qu’il avait vus dans la maison de maître Isarn Ratier43. Interrogé sur l’époque, le lieu et les personnes, il dit comme au-dessus. Sur l’heure, il dit comme au-dessus.

De même, le témoin dit que huit ans environ44 se sont écoulés depuis que Raimon Pagut lui dit, dans son officine, que Pèire Colom avait reçu les hérétiques dans sa maison et que ce Raimon et Guilhèm Delforn, fils de Joan Delforn, convers de Candeil les y avaient vus et qu’ils les adorèrent là à la manière hérétique.
Interrogé sur l’heure où il le lui a dit, il dit de jour. Interrogé sur les personnes presentes, il dit ces deux personnes seulement.

De même, il dit que trois ans environ45 se sont écoulés depuis que Guilhèm Maleville, qui est maintenant convers des frères mineurs, lui dit, dans son officine, qu’il avait reçu les hérétiques dans sa maison peu de temps auparavant, et qu’ils y restèrent une nuit. Durant Maleville les vit ainsi que d’autres personnes qu’il n’a pas voulu lui nommer.

De même, il dit qu’il y a cinq ans environ46, Bartolomieu Gorgal, marchand, amena le témoin dans sa maison où il vit les hérétiques avec ce dernier, avec Pèire Gorgal, son frère, et avec Durant de Maleville, revendeur, et ils y entendirent leurs enseignements et prédications. Ils les adorèrent aussi trois fois, à l’arrivée et au départ, à la manière hérétique.
Interrogé sur l’époque, le lieu et les personnes, il dit comme au-dessus. Sur l’heure, il dit qu’il ne s’en souvient plus.

De même, il dit qu’il y a huit ans environ47, Joan Elias, jadis prieur de Saint-Affrique, lui montra les hérétiques dans le susdit logis du prieuré, et lui, le témoin, le prieur susdit, Bernat et Raimon Elias, frères dudit prieur, et Gui de Marnaves, d’Orban, clerc, qui amenèrent en ce lieu lesdits hérétiques furent présents. Tant lui-même, le témoin, que toutes les personnes susdites adorèrent ces hérétiques, à l’arrivée et au départ, à la manière hérétique. Ils écoutèrent aussi leurs enseignement et prédications. Il s’agissait de ces hérétiques qu’il avait vus dans la maison de maître Isarn Ratier, à ce qu’il lui semble.
Interrogé sur l’heure, il dit qu’il ne s’en souvient plus.

De même, il dit que les susdits hérétiques dirent au témoin, dans sa maison, que Guilhèm Ardalso et Durant Maleville étaient leurs amis.
Interrogé dur l’époque, il dit qu’il ne s’en souvient plus.

De même, le témoin dit qu’il y aura trois ans à Pâques48, Pons Nicolau lui dit, près de sa maison, celle du témoin qui dépose, un jour dont il dit ne plus se souvenir, que cela faisait bien deux ans49 que Raimon Delmas, qui avait porté les croix pour hérésie, avait été hérétiqué lors d’une maladie dont il se rétablit. Ceux qui y assistèrent sont ledit Pons Nicolau, Pèire Nicolau, son fils, Guilhèm Delmas, frère dudit hérétiqué, et Amiel Vivian, tisserand.
Interrogé sur le lieu et l’époque, il dit comme au-dessus. Sur les personnes, il dit qu’ils étaient tous deux seuls. Sur l’heure, il dit comme au-dessus.

De même, le témoin dit que trois ans50 se sont écoulés depuis que Pèire Aimeric dit à lui, témoin, et à Pons Nicolau, dans l’officine de Pèire Aimeric, un jour dont il dit ne plus se souvenir, que Bernat Conte, clerc, avait vu les hérétiques dans sa maison, il y avait alors trois ans en arrière environ51. Ceux qui les virent sont ce Pèire Aimeric, Pons Nicolau et Raimon Conte, prêtre, frère dudit Bernat. Ces personnes entendirent les enseignements des hérétiques et les adorèrent trois fois à la manière hérétique.
Interrogé sur l’époque, le lieu et les personnes, il dit comme au-dessus. Sur l’heure, il dit comme au-dessus.

De même, le témoin dit qu’il y a un peu plus de sept ans environ52, Pèire Gorgal, marchand, lui dit, dans l’office du témoin, un jour dont il ne se souvient plus, que cela faisait longtemps que Guiral Sinohart, marchand, avait vu les hérétiques dans sa maison. Ceux qui les y virent sont ce Pèire et Guiral Sinohart, gendre de ce Pèire. Ils les adorèrent et écoutèrent leurs enseignements et prédications sur les hérétiques.
Interrogé sur l’époque, le lieu et l’heure, il dit comme au-dessus.Sur les personnes, il dit qu’ils étaient tous deux seuls.

De même, il dit qu’il y a neuf ans environ53, Pèire Bouis fut malade de l’affection dont il se rétablit, dans sa maison. Une nuit dont il dit ne plus se souvenir, lui, le témoin, vint chez le malade et il y trouva deux hérétiques dont il ignore les noms. Sur la demande dudit malade, ces deux hérétiques l’hérétiquérent et le reçurent dans leur secte, à la manière hérétique qui a été précédemment décrite. Ceux qui y assistèrent sont : le témoin, maître Raimon Fumet et Raimon Borseza. Ces derniers les adorèrent aussi, en fléchissant trois fois les genoux à la manière hérétique, à l’arrivée et au départ.
Interrogé sur l’époque, le lieu et les personnes, il dit comme au-dessus.

De même, il dit que trois ans environ54 se sont écoulés depuis qu’il entendit maître Raimon Fumet dire, dans son jardin, celui du témoin, que Guilhèm Uc, marchand d’Albi, fut hérétiqué lorsqu’il mourut. Ceux qui y assistèrent sont : ledit maître Raimon, Rixende, épouse dudit Guilhèm Uc, Guilhèm Uc, fils dudit malade, et Sicard de Belvèze qui avait conduit là les hérétiques. Là, ils les adorèrent à la manière hérétique, à l’arrivée et au départ.
Interrogé sur l’époque et le lieu, il dit comme au-dessus. Interrogé sur les personnes qui étaient présentes quand il lui a dit cela, il dit que mis a part eux deux, il n’y avait personne d’autre. Sur l’heure, il dit que c’était de jour.

De même, il dit qu’il y a six ans environ55, Raimon Bouis, marchand, fut malade, dans sa maison à Albi, de l’affection dont il se rétablit. Durant ladite maladie, une nuit dont il dit ne plus se souvenir, ledit malade envoya chercher lui, le témoin. Il vint alors à la maison dudit malade et il y trouva les hérétiques qu’il avait vus dans la maison de maître Isarn Ratier, à ce qu’il lui semble. Alors, sur la demande dudit malade, lesdits hérétiques le reçurent dans leur secte, à la manière hérétique. Ceux qui y assistèrent sont : lui-même, le témoin, Raimon Borseza et Pèire Gasc, marchand, associé dudit Bouis. Toutes ces personnes écoutèrent là les enseignements hérétiques desdits hérétiques et les adorèrent, en fléchissant trois fois les genoux à la manière hérétique, à l’arrivée et au départ. Ils firent entre eux la promesse, en se donnant la main, qu’ils ne le révéleraient pas.
Interrogé sur l’époque, le lieu, les personnes et l’heure, il dit comme au-dessus.

De même, il dit qu’il y a neuf ans56, Pèire Donadieu fut malade à Albi, dans sa maison, de l’affection dont il se rétablit. Le témoin vint chez lui parce que ledit malade l’avait envoyé chercher. Ledit malade fut reçu dans leur secte par des hérétiques qui lui furent envoyé de Rouffiac, comme le témoin l’entendit dire en ce qui concerne l’envoi des hérétiques. Ceux qui y participèrent sont : lui-même, le témoin, maître Raimon Fumet et Raimon Borseza. Lui-même, le témoin, et toutes les personnes susdites écoutèrent l’enseignement desdits hérétiques et les adorèrent, en fléchissant trois fois les genoux, à l’arrivé et au départ, à la manière hérétique. Ils firent aussi entre eux le serment de ne point révéler le fait susdit.
Interrogé sur l’époque, le lieu et les personnes, il dit comme au-dessus. Sur l’heure, il dit que c’était de nuit. Interrogé pour savoir par qui il entendit dire que les hérétiques avaient été envoyé de Rouffiac, il dit ne plus s’en souvenir, mais il l’entendit dire dans la susdite maison.

Il a fait cette déposition à Albi, dans la nouveau palais épiscopal, amené de la pièce où il demeurait devant le vénérable père, seigneur, évêque d’Albi par la grâce de Dieu, et la religieuse personne, frère Jean Galand, inquisiteur de l’hérésie. Il reconnaît vrai ce qui lui a été lu et énoncé en vulgaire, mot pour mot, en présence de frère Joan de Felgos, sous-prieur des frères Prêcheurs d’Albi, frère Arnal Delgras, adjoint dudit inquisiteur, seigneur Bernat de Monestiés, chanoine de Cahors, et de moi Joan de Rocoles etc. … Le même jour de la même année qu’au-dessus.

De même, en l’an du Seigneur 1287, le 16 des calendes de mai57, ledit Vidal Vinhals dit et confesse spontanément, ayant recouvré la mémoire, qu’il y a six ans environ58, un jour dont il ne se souvient plus, Guilhèm Pojet, marchand, dit à lui, témoin, et à Raimon Borseza, dans l’atelier dudit Raimon Borseza, à ce qu’il lui semble, qu’il voulait faire des choses en secret dans sa maison et il les priait d’être présents la nuit suivante. Ce qu’ils firent. Ils trouvèrent dans la maison dudit Guilhèm Pojet deux hérétiques, dont il ne se souvient pas avoir vu les autres fois, ainsi que ce Guilhèm, Vidal Delboc et Guiral Col. Toutes et chacune de ces personnes écoutèrent l’enseignement desdits hérétiques et les adorèrent, à l’arrivée et au départ.
Interrogé pour savoir d’où venaient lesdits hérétiques ou qui les avait conduit là, il dit qu’il l’ignore, mais il entendit, dans ladite maison, mais il ne sait plus par qui, qu’ils avaient été envoyés ici depuis Graulhet. Interrogé sur l’époque, le lieu et les personnes, il dit comme au-dessus. Concernant l’heure, il dit que c’était de nuit.

De même, il dit qu’il y a dix ans environ59, maître Guilhèm Fenassa, chanoine de Sainte-Cécile d’Albi, et maître Joan Fenasssa, son frère, dirent au témoin seul, dans leur logis, un jour dont il ne se souvient plus, que Barrau de Lagrave fut hérétiqué lors de l’affection dont il mourut.

De même, il dit que Pèire Bec, à l’époque où il l’incitait à aimer les hérétiques, comme il l’a dit plus haut dans sa confession, lui dit, au témoin, que Pèire Bonel, beau-frère dudit Pèire Bec, avait été incité et instruit par ce Pèire pour voir ces hérétiques, et qu’il les avait vus. Il le lui dit dans son officine, celle du témoin.

De même, il dit que six ans60 se sont écoulés depuis qu’Asemar Jordan, marchand, lui dit, ainsi qu’a Raimon Borseza, un jour dont il ne se souvient plus, dans l’officine de ce Raimon, de venir à la maison de cet Asemar parce que qu’il avait à traiter d’affaires confidentielles avec eux. Le soir convenu, ils allèrent avec lui à la susdite maison. Là, le susdit Asemar leur montra deux hérétiques que le témoin n’avait pas vus auparavant. Vint aussi Raimon Boscairola, forgeron, et il vit les hérétiques avec eux. Cet Asemar et Raimon Boscairola, forgeron, adorèrent lesdits hérétiques, à l’arrivée et au départ, et ils entendirent leurs enseignements, mais ni le témoin ni Raimon Borseza ne les adorèrent, à ce qu’il dit. Ledit Asemar leur dit, dans la maison susdite, que lesdits hérétiques lui avaient été envoyés du pays de Lombers.

De même, il dit qu’un mois plus tard après ce qui vient être dit, le susdit Asemar dit à lui, le témoin, et à Raimon Borseza, dans l’officine de ce Raimon, un jour dont il ne se souvient plus, que Jacme Corregier, cordonnier, avait vu les hérétiques dans sa maison et il avait adoré avec cet Asemar et Raimon Boscairola, forgeron. C’était alors bien deux ans en arrière61.

De même, il dit que huit ans environ62 se sont écoulés depuis que maître Raimon Fumet lui dit, au témoin, dans son officine, que Bernat Cambon, d’Albi, voulait traiter d’affaires confidentielles dans sa maison et qu’ il voulait que tous deux soient présents. La nuit suivante, ils se rendirent tous deux à la maison du susdit Bernat et ils entrèrent avec ce Bernat et Pèire Cambon, fils dudit Bernat, dans une cave où ils trouvèrent deux hérétiques qui avaient été envoyés de Montsalvy, à ce que lui dit ledit Bernat. Ces hérétiques hérétiquérent ledit Bernat, malade, capable toutefois de se déplacer dans la chambre, selon sa volonté et à sa demande. Ils le reçurent dans leur secte en tenant les mains de ce Bernat entre leurs mains, en posant un livre sur sa tête et en disant des paroles que lui, le témoin, ne comprit pas. Le susdit Pèire, avec son père, adora ces hérétiques en fléchissant trois fois les genoux, à l’arrivée et au départ, mais ni maître Raimon, ni lui, le témoin, ne voulurent les adorer. Concernant les hérétiques, il dit ne pas les avoir vus auparavant.

De même, il dit qu’il y a huit ans environ63, Guilhèm Talhafer, qui avait pour épouse la fille d’Asemar Brosa, dit à lui, le témoin, et à maître Raimon Fumet, dans son officine, celle du témoin, un jour dont il ne se souvient plus, de venir tous deux la nuit suivante chez ce Guilhèm parce qu’il voulait traiter d’affaires confiden­tielles avec eux. Ce qu’ils firent. Durant Peirrier s’y rendit aussi. Là, ledit Guilhèm leur montra deux hérétiques qu’on lui avait envoyés du pays de Lombers, à ce qu’il dit, et qui se trouvaient alors entre deux grandes jarres dans la cave de ce Guilhèm. Là, ce Guilhèm et ce Durant écoutèrent les enseignements des héré­tiques et ils les adorèrent, à l’arrivée et au départ, mais ni lui, le témoin, ni maître Raimon ne voulurent les adorer.

De même, il dit qu’il y a plus de huit ans environ64, Raimon Durant, peaussier, dit à lui, le témoin, et à Raimon Borseza, un soir dont il dit ne plus se souvenir, dans l’officine de ce Raimon Borseza, de venir à sa maison parce qu’ils voulait mettre en ordre ses affaires avec eux de manière confidentielle. Alors quand ce fut la nuit, ils allèrent à la maison de ce Raimon Durant. Vint aussi Durant Peirrier, hôtelier. Ils y trouvèrent deux hérétiques, dont Raimon Durant lui a dit qu’ils lui avaient été envoyés de Cieurac par des membres de sa famille. Toutes les personnes susdites écoutèrent les enseignements des hérétiques et les adorèrent, à l’arrivée et au départ. Concernant les hérétiques, il dit qu’il ne les avait pas vus auparavant.

De même, il dit que onze ans se sont écoulés65 depuis que Raimon Borseza lui dit, au témoin, un jour dont il ne se souvient plus, dans l’officine de ce Raimon, qu’il avait vu deux hérétiques dans la maison de Pèire Teulier. Ceux qui les virent sont : Pèire Teulier, Pèire Guilhèn, son fils, et Raimon Capdemal. Toutes ces personnes adorèrent les hérétiques, à l’arrivée et au départ. C’était de nuit.

De même, il dit qu’il y a neuf ans environ66, Bernat Landas, jadis savetier, fut hérétiqué en bonne santé, dans sa maison, par deux hérétiques que le témoin reconnaît avoir déjà vus, en posant leurs mains sur lui et en tenant un livre sur lui, cependant lui, le témoin, ne comprit pas les paroles que lesdits hérétiques disaient. Ceux qui y assistèrent sont : lui-même, le témoin, Raimon Borseza, et Guilhèm, fils dudit hérétiqué, mais ils ne les adorèrent pas, excepté Guilhèm et son père, à la vue de tous.
Interrogé sur l’époque, le lieu et les personnes, il dit comme au-dessus.

De même, il dit qu’il y a cinq ans environ67, Pèire Donat, marchand, dit au témoin, dans son officine, celle du témoin, un jour dont il ne se souvient plus, qu’Olric, marchand, avait dans sa maison des hérétiques et qu’ils les avait adorés. Arnal Ausagnol, marchand, fut également présent et ce Pèire Donat les adora avec lui.

De même, il dit que trois ans environ se sont écoulés68 depuis que Raimon Fumet, père de maître Raimon Fumet, fut malade dans sa maison, à Albi, de l’affection dont il mourut, et il fut hérétiqué par les hérétiques qu’il avait vus en ce lieu d’autres fois. Ledit malade plaça ses mains entre les mains d’un desdits hérétiques et ils l’hérétiquèrent en tenant un livre sur sa tête et en disant des paroles que lui, le témoin, ne comprit pas. Ceux qui y assistèrent sont : le témoin, Bernat Chatmar, juriste, et maître Raimon Fumet, fils dudit malade. Toutes les personnes susdites adorèrent les hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux à la manière hérétique, à l’arrivée et au départ.
Il dit aussi qu’il ne se souvient plus à présent des autres personnes qui y furent présentes.
Interrogé sur le lieu, l’époque et les personnes, il dit comme au-dessus. Sur l’heure, il dit que c’était de nuit.

De même, il dit qu’il y a huit ans environ69, Nana Brosa, défunte épouse d’Asemar Brosa, fut malade à Albi, dans sa maison, de l’affection dont elle mourut. Une nuit dont il dit ne pas se souvenir durant ladite maladie, il vint chez elle et il y trouva lesdits deux hérétiques, que le témoin a mentionnés au-dessus, qui hérétiquèrent et reçurent dans leur secte ladite malade, conformément à sa volonté et à sa demande, selon la manière susdite. Ceux qui y assistèrent sont : le témoin, maître Raimon Fumet et Bernat Chatmar et ils adorèrent là lesdits hérétiques selon la manière susdite, à l’arrivée et au départ. Il dit aussi qu’il ne se souvient plus des autres personnes qui étaient présentes.
Interrogé sur le lieu, les personnes, l’époque et l’heure, il dit comme au-dessus.

De même, il dit qu’il y a trois ans environ70, Guilhèm Delmas, jadis frère de Raimon Delmas, lui dit, au témoin, un jour dont il dit ne plus se souvenir, dans son officine, celle du témoin, que Dias, épouse de Raimon Delmas, Pons Nicolau, Pèire, son fils, et ce Guilhèm, qui amena les hérétiques à la maison de ce Raimon, y avaient tous vu les hérétiques et les avaient adorés. Cela s’était passé bien un an et demi en arrière71. Et ledit Raimon était parfaitement au courant de cela, d’après ce que Guilhèn lui dit.

De même, il dit qu’il y a trois ans environ72, Pèire Gotinas, charpentier, lui dit, au témoin, dans son officine, celle du témoin, un jour dont il ne se souvient plus, qu’il avait vu dans sa maison deux hérétiques en compagnie de Bernat Memori, chanoine de Saint-Salvi, et de Felipa, épouse dudit Pèire. Ils écoutèrent leurs enseignements et les adorèrent à la manière hérétique. C’était alors bien deux ans en arrière73.

De même, le témoin dit que dix ans environ74 se sont écoulés depuis qu’il se rendit à Saint-Salvi, un jour dont il dit ne plus se souvenir. Alors, Joan Donat, chanoine de Saint-Salvi et chapelain de cette église, et Guilhèm Guirbaut, jadis chanoine de Saint-Salvi, dirent au témoin qu’ils allaient lui montrer une belle prise qu’ils gardaient. Le conduisant hors du monastère, ils le firent entrer dans les vieux ateliers de Saint-Salvi qui se trouvent devant la porte dudit monastère et ils lui montrèrent deux hérétiques de petite taille. Il n’adora pas alors ni ne vit adorer. Huit jours après environ, ils lui dirent dans son atelier qu’ils avaient gardé lesdits hérétiques pendant deux jours et deux nuits, qu’ils les avaient adorés et qu’ils leur avaient donné deux tuniques brunes.

De même, il dit qu’il y a cinq ans environ75, Amat Asalguier, cordonnier, lui dit, un jour dont il ne se souvient plus, dans son officine, celle du témoin, qu’il y avait bien trois ou quatre ans qu’il avait reçu et vu les hérétiques dans sa propre maison, qu’ils les avaient gardés deux nuits et qu’il fit des actes confidentiels avec eux, mais il ne voulut pas lui dire ceux qui les y avaient vus.

De même, ce même Amat lui dit, dans son officine, un jour dont il ne se souvient plus, qu’il avait entendu son père et d’autres personnes dire que le père d’Aimeric de Foissens avait été un ami des hérétiques.

De même, le témoin dit qu’il y a trois ans environ76, un jour dont il dit ne plus se souvenir, il entendit Guiral Sinohart dire, dans son officine, celle du témoin, que Joan Gorgal, marchand, avait reçu les hérétiques dans sa propre maison. Ceux qui les y virent sont : Bartolomieu Gorgal, associé dudit Guiral, ce Guiral et ledit Joan Gorgal. Ils adorèrent ces hérétiques et entendirent les enseigne­ments des hérétiques, d’après ce que ledit Guiral lui dit.

De même, il dit qu’il y a cinq ans environ77, un jour dont il dit ne plus se souvenir, Raimon de Raho, marchand, lui dit, dans son officine, celui du témoin, qu’il avait vu les hérétiques dans sa propre maison et qu’ils les avaient reçus pendant deux nuits. Vinrent les y voir deux amis desdits hérétiques qu’il n’a pas voulu lui nommer, et ils les adorèrent et écoutèrent leurs enseigne­ments. C’était environ deux ans avant qu’il ne le lui dit78.

De même, le témoin dit qu’il y a cinq ans environ79, un jour dont il dit ne plus se souvenir, Bartolomieu Gorgal, marchand, lui dit, dans son officine, que Rocas, son épouse, avait vu les hérétiques dans sa maison. Ceux qui les y virent sont : Joan Constans, juriste, Guilhèm Gorgal, notaire, et ce Bartolomieu. Toutes les personnes susdites les adorèrent, en fléchissant les genoux à la manière hérétique, et entendirent leurs enseignements, d’après que lui dit Bartolomieu.

De même, le témoin dit qu’il y a quatre ans environ80, une nuit dont il dit ne plus se souvenir, il se rendit, sur l’insistance et les prières de maître Raimon Fumet et de maître Isarn Ratier, à la maison de Rixenda, défunte épouse de Guilhèm Uc, marchand. Alors, dans une cave de cette maison, ladite Rixenda, le témoin, maître Raimon Fumet, Sicard, frère de ladite Rixenda, qui, à ce qu’il croit, amena lesdits hérétiques, maître Isarn Ratier, Raimon Augier, Berenguièr Brosa et Guilhèm Brosa, son frère, virent les hérétiques, les adorèrent à l’arrivée et au départ, et écoutèrent leurs enseignements après avoir prêté serment de garder le secret.
Interrogé sur l’époque, le lieu et les personnes, il dit comme au-dessus.

De même, le témoin dit qu’il y a douze ans81, Bernat de Castres, marchand, lui dit, dans son officine, un jour dont il ne se souvient plus, que cela faisait deux ans qu’il avait vu les hérétiques dans sa propre maison, et qu’il avait fait avec eux ses actes confidentiels, et que depuis, aussi longtemps qu’il vivrait, il les hébergerait de nouveau dans sa propre maison. Il reçut aussi en prêt de ces hérétiques plusieurs sommes d’argent, à savoir parfois 20 livres, parfois 30, et que jamais il ne leur donnait les intérêts, et si le témoin voulait épouser sa fille, il pourrait bénéficier des mêmes avantages avec ces hérétiques.

De même, il dit qu’il y a six ans environ82, à ce qu’il lui semble, il entendit les hérétiques dire, dans sa maison, qu’Isarn Col, marchand, était l’un de leurs grands amis, et il faisait beaucoup de bien à ces hérétiques.
Interrogé sur l’époque et le lieu, il dit comme au-dessus. Sur l’heure, il dit que c’était de nuit.

De même, il dit qu’il y a plus de cinq ans83, dans sa maison, il entendit les hérétiques dire que Raimon Molinièr, marchand, était l’un de leurs grands amis et qu’il leur faisait beaucoup de bien.
Interrogé sur l’époque et le lieu, il dit comme au-dessus. Sur l’heure, il dit que c’était de nuit.

De même, il dit qu’il y a six ans environ84, un jour dont il ne se souvient plus, après vêpres, Pèire Aimeric vint voir le témoin et lui dit de venir à sa maison, celle de ce Pèire. Ce qu’il ne voulut pas faire. Le lendemain, le susdit Pèire dit au témoin, dans son officine, celle du témoin, que deux prud’hommes, c’est-à-dire des hérétiques, étaient la nuit précédente dans sa maison, celle de ce Pèire. Ceux qui les y avaient vus sont : Amat Asalguier, cordonnier, Pèire Sobeira, cordonnier, qui avait pour épouse la sœur de Pèire Dionis, Pons Nicolau, peaussier et ce Pèire Aimeric. Là, toutes les personnes susdites virent les hérétiques, les ado­rèrent à l’arrivée et au départ et écoutèrent leurs enseignements.
Interrogé sur l’époque, il dit comme au-dessus.

Il a fait cette déposition, à Albi, dans le nouveau palais épiscopal, amené de la pièce où il demeurait devant le vénérable père, le sus­dit seigneur évêque, et la religieuse personne, frère Jean Galand, inquisiteur de l’hérésie. Il a reconnu vrai que tout ce qui lui a été lu et énoncé en vulgaire, mot pour mot, en présence de frère Joan de Felgos, sous-prieur des frères Prêcheurs d’Albi, de frère Arnal Delgras, adjoint dudit inquisiteur, et de moi, Joan de Rocoles etc, En l’an du Seigneur 1287, le 16 des calendes de mai85.

De même, en l’an du Seigneur 1287, le 2 des calendes de mai86, ledit Vidal Vinhals dit et confesse spontanément, ayant recouvré la mémoire, qu’il y a cinq ans environ87, un jour dont il ne se souvient plus, dans son officine, celle du témoin, Pèire Aimeric dit à lui seul que Bartolomieu de Montclar avait été hérétiqué lors de sa maladie de laquelle il mourut, et que ce Pèire y avait assisté avec frère Raimon Cogorla et Amat Asalguier, cordonnier.

De même, il dit que la défunte épouse de Pons Nicolau fut malade de l’affection dont elle mourut et qu’elle fut hérétiquée par les hérétiques qu’il a mentionnés plus haut et qui étaient dans sa maison, celle du témoin. Ayant été absoute et déliée <des liens du mariage> par ledit Pons Nicolau, ils l’hérétiquérent, après qu’elle eut placé ses mains entre les mains d’un desdits hérétiques, en tenant un livre sur la malade et en disant des paroles que lui, le témoin, ne comprit pas. Ceux qui y assistèrent sont le témoin : Pons Nicolau, Pèire Nicolau, son fils, et Guilhèm Pico, peaussier. Lui, le témoin et toutes les personnes susdites les adorèrent à ce moment là, à l’arrivée et au départ.
Interrogé sur l’époque, il dit que c’était il y a dix ans environ. Sur les personnes et le lieu, comme au-dessus. Sur l’heure, il dit que c’était de nuit.

De même, il dit qu’une nuit, dont il dit ne plus se souvenir, maître Raimon Fumet l’envoya chercher. Il vint alors à la maison du père dudit maître Raimon et il y trouva deux hérétiques, qu’il avait vus d’autres fois, en compagnie de Raimon Fumet, de maître Raimon, de Berenguièr et de Jacme, fils de ce Raimon. Toutes ces personnes mangèrent ensemble en compagnie desdits hérétiques à la même table. Toutes et chacune de ces personnes écoutèrent les enseignements des hérétiques et les adorèrent à l’arrivée. Les hérétiques restèrent là pendant toute le nuit.
Interrogé sur l’époque, il dit que c’était il y a quatre ans environ88. Sur le lieu, les personnes et l’heure, il dit comme au-dessus.

De même, il dit qu’il y a dix ans environ89, un jour dont il ne se souvient plus, Bernat Fabre, notaire d’Albi, dit à lui seul, dans son officine, qu’il avait reçu une fois les hérétiques dans sa propre maison, il y avait bien deux ans environ90, et d’après ce qu’il lui dit, ces hérétiques demeuraient dans le mas de Luc91, près de Lombers et qu’ils y avaient là des clusels92 où ils se cachaient.

De même, il dit qu’il a y a six ans environ93, un jour dont il ne se souvient plus, Raimon Borseza lui dit, dans son officine, celle du témoin, de venir dans la nuit à sa maison parce qu’il y avait là deux hérétiques. Quand il fit nuit, lui, le témoin, et le susdit Raimon Borseza se rendirent à la maison de ce Raimon. Ils y trouvèrent deux hérétiques, dont il ignore les noms, en compagnie de Pèirona, jadis épouse de ce Raimon. Arriva également Raimon Durant, peaussier, que ledit Raimon avait envoyé cherché. Toutes et chacune des personnes susdites adorèrent lesdits hérétiques, à l’arrivée et au départ, et écoutèrent leurs enseignements. Par la suite, lui, le témoin, et Raimon Durant s’en allèrent en laissant là lesdits hérétiques.

Il a fait cette déposition à Albi, dans la salle <d’audience> épiscopale, amené de la pièce où il demeurait, devant le vénérable père, le susdit seigneur évêque, et la religieuse personne, frère Jean Galand, inquisiteur de l’hérésie. Il a reconnu vrai ce qui lui a été lu et énoncé en vulgaire, mot pour mot, en présence de Joan de Felgos, sous-prieur des Prêcheurs d’Albi, frère Arnal Delgras, adjoint dudit inquisiteur, seigneur Bernat de Monestiés, chanoine de Cahors et moi, Joan de Rocoles etc, En l’an du Seigneur 1287, le 2 des calendes de mai94.

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1C’est-à-dire le 3 mars 1286.

2Vers 1274.

3Vers 1276 et 1277.

4Vers 1283.

5Ils s’agirait de Raimon Delboc et Raimon Daidièr, voir la suite de la déposition.

6Vers novembre 1285.

7Ils ‘agirait donc toujours de Raimon Delboc et Raimon Daidièr.

8Vers le 25 décembre 1285.

9Il s’agit de Raimon Delboc et de Raimon Daidièr, si l’on en croit la déposition de Joan Constans du Ms. lat. 11847, f° 15 r° – v°.

10C’est-à-dire le 5 mars 1286.

11Vers 1284.

12Autrement dit, il s’agirait de Raimon Delboc et Raimon Daidièr.

13Vers 1280.

14Il doit toujours s’agir de Raimon Delboc et Raimon Daidièr.

15C’est-à-dire le 7 mars 1286.

16Vers le 25 mars 1285.

17Vers 1280 ou 1281.

18Il doit toujours s’agir de Raimon Delboc et Raimon Daidièr.

19C’est-à-dire le 15 mars 1286.

20Vers le 25 décembre 1285, c’est-à-dire peu de temps avant son arrestation.

21C’est-à-dire le 19 mars 1286.

22C’est-à-dire le 5 mai 1286.

23C’est-à-dire le 28 mars 1287.

24 Donc vers le 9 avril 1284.

25Il doit toujours s’agir de Raimon Delboc et Raimon Daidier.

26Vers 1279.

27Vers 1277.

28Il doit toujours s’agir de Raimon Delboc et Raimon Daidier.

29Vers 1285.

30Vers 1279.

31Il doit toujours s’agir de Raimon Delboc et de Raimon Daidièr.

32Vers 1280.

33Vers 1277.

34Il doit s’agir toujours de Pèire Aicart et de Raimon Delvilar.

35Vers 1282

36Vers 1275.

37Vers 1276.

38Vers 1279.

39Vers 1281.

40Il doit toujours s’agir de Raimond Delboc et Raimon Daidièr.

41Vers 1284.

42Vers 1281.

43Autrement dit, il ne s’agirait pas de Raimon Delboc et de Raimon Daidièr.

44Vers 1279.

45Vers 1284.

46Vers 1282.

47Vers 1279.

48Donc vers le 9 avril 1284.

49Donc vers 1282.

50Vers 1284.

51Donc vers 1281.

52Vers 1280.

53Vers 1278.

54Vers 1284.

55Vers 1281.

56Vers 1278.

57C’est-à-dire le 16 avril 1287.

58Vers 1281.

59Vers 1277.

60Vers 1281.

61Donc vers 1279.

62Vers 1281.

63Vers 1279.

64Au delà de 1279.

65Vers 1276.

66Vers 1278.

67Vers 1282.

68Vers 1284.

69Vers 1279.

70Vers 1284.

71Donc vers 1282.

72Vers 1284.

73Donc vers 1282.

74Vers 1277.

75Vers 1282.

76Vers 1284.

77Vers 1282.

78Donc vers 1280.

79Vers 1282.

80Vers 1283.

81Vers 1275.

82Vers 1281.

83Vers 1282.

84Vers 1281.

85C’est-à-dire le 16 avril 1287.

86C’est-à-dire le 30 avril 1287.

87Vers 1285.

88Vers 1283.

89Vers 1277.

90Donc vers 1275.

91Localité disparue.

92Souterrains-refuges en occitan.

93Vers 1281.

9430 avril 1287.

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