DÉPOSITION DE RIXENDA DE BELVÈZE

RIXENDA DE BELVÈZE

En l’an du Seigneur 1287, le 15 des calendes de mai1, Rixenda de Belvèze, jadis épouse de Guilhèm Uc, marchand d’Albi, témoin, a juré de dire la vérité en matière d’hérésie, tant sur elle-même que sur les autres, vivants et morts. Diligemment interrogée quelques jours après avoir fait une déclaration négative, elle se ravisa en disant qu’il y a trois ans environ2, à ce qu’il lui semble, Raimon Carpentier qui, à ce qu’elle croit, était de Montans, l’incita plusieurs fois dans sa maison, celle du témoin, à voir, à aimer et à croire les hérétiques. Deux mois plus tard environ, il amena deux hérétiques, dont elle ignore les noms, à ce qu’elle dit, à sa maison, celle du témoin, et une femme, dont elle croit être l’épouse dudit Raimon qui était le guide des hérétiques. Elle les fit entrer dans une cave de sadite maison. Elle envoya alors chercher Raimon Augier, son beau-frère, et Berengaria, jadis épouse de Raimon Uc, et les fit entrer dans la cave ou se trouvaient lesdits hérétiques. Là, toutes et chacune des personnes susdites écoutèrent les enseignements des hérétiques et leur firent la révérence, en fléchissant deux fois les genoux, à l’arrivée et au départ.
Interrogée pour savoir à quelle heure lesdits hérétiques vinrent, elle dit à une tardive et c’est également à une heure tardive que se déroula ce qui a été dit. Interrogée de même pour savoir si lesdits hérétiques restèrent cette nuit-là, elle dit que non, au contraire, ils repartirent avec le susdit Raimon et son épouse, de la même manière qu’ils étaient venus avec eux, mais elle ne sait où.
Interrogée pour savoir combien de temps elle demeura dans la croyance que ces hérétiques étaient des bons hommes, elle dit depuis cette époque où elle fauta jusqu’à l’époque du sermon des inquisiteurs fait cette année vers la fête de la Toussaint3. C’est alors à cause de ce sermon qu’elle abandonna cette croyance.
Interrogée pour savoir pourquoi elle n’est pas <alors> venue se confesser, elle dit à cause de la peur et de la honte, et parce qu’elle ne croyait pas qu’il fut possible que l’on ait su ce quelle avait commis en matière d’hérésie.
Interrogée sur les personnes, elle dit comme au-dessus. Sur le lieu, comme au-dessus. Sur l »époque, comme au-dessus. Interrogée pour savoir de quoi étaient revêtus lesdits hérétiques, elle dit de brun, à ce qu’il lui semble.

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1C’est-à-dire le 17 avril 1287.

2Vers 1284.

3Vers le 1er novembre 1286.

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