DÉPOSITION D’ARNAL AGASSA

ARNAL AGASSA

En l’an du Seigneur 1285, le jour des calendes de février1, Arnal Agassa, de la paroisse de Saint-Jean de Serviès, en Lautrécois, au diocèse d’Albi, placé en présence du révérend père, seigneur Bernard, évêque d’Albi par la grâce de Dieu, exerçant en tant que juge ordinaire d’Albi et d’Albigeois, et en tant qu’inquisiteur de la dépravation hérétique dans cette même circonscription, à la place de frère Jean Galand, inquisiteur de l’hérésie par nomination du siège apostolique, et de frère Guilhèm de Monclar, prieur des Prêcheurs d’Albi, et de frère Guilhèm de Pierrelatte, lecteur du même couvent, et du seigneur Joan Molinièr, archiprêtre de Castres, et de moi, Joan de Rocoles, notaire du seigneur roi dans la sénéchaussée de Carcassonne et de Béziers, interrogé en matière d’hérésie, a juré de dire la vérité, tant sur soi que sur les autres, vivants et morts.

Ledit Arnal Agassa dit qu’un jour, il y a vingt ans environ2, alors qu’il demeurait dans la localité de Saint-Paul-Cap-De-Joux, au diocèse de Toulouse, dans la maison de Pèire, de Guilhèm et de Bernat Prunel, frères, ledit Guilhèm Prunel, qui était à l’époque savetier, dit à lui, Arnal, qui dépose : « Si tu veux me croire et me faire confiance, moi, je ferai en sorte que tu deviennes un homme riche ». Comme Arnal lui demanda le moyen <par lequel il deviendrait riche>. Ledit Guilhèm Prunel lui répondit que lui, Guilhèm, voulait partir et devenir un bon homme, sous-entendant par là qu’il avait l’intention de se faire hérétique, à ce que dit le témoin qui dépose. Ledit Arnal lui répondit qu’il ne voulait pas partir avec lui et que cela ne lui plaisait pas. Quelques jours après cette discussion, ledit Pèire Prunel le chassa de sa maison, lui, Arnal, témoin qui dépose, parce qu’il avait maltraité une vache.

Ensuite, il y a maintenant cinq ans environ, alors que lui, Arnal, avait acheté une pêcherie sur la rivière appelée Agout, au lieu-dit le Gué-de-Na-Bonneta, emplacement qui se trouve sur la rive côté Lautrécois, et qui a en vis-à-vis, sur l’autre rive, la pêcherie appartenant à Pèire de Graissens, de Saint-Paul-Cap-de-Joux, savetier, lui, Arnal, qui dépose, vint à sadite pêcherie où il avait une barque, et lui, Arnal, rencontra Guilhèm Prunel, qui était alors déjà hérétique, et son compagnon, Bernat de Graissens, hérétique, fils dudit Pèire de Graissens, qui venaient de s’embar­quer sur la barque dudit Pèire de Graissens. Il commença par leur demander qui ils étaient et ils répondirent : « Nous sommes tels que vous pouvez le voir ». Interrogés à plusieurs reprises, il ne lui dirent rien d’autre, mais ils demandèrent qu’il les transborde et qu’ils lui donneraient pour cela un bon salaire. Alors, il les transborda et ils lui donnèrent un Melgueil, en lui disant qu’ils voulaient être dans un lieu où ils pourraient lui être utiles et qu’ils étaient des bons hommes, c’est-à-dire des hérétiques. Enfin, moins de huit jours après les avoir transbordés, le témoin qui dépose vint à la cabane qui se trouve au-dessus de l’emplacement de pêche dudit Pèire de Graissens, et en entrant subitement dans la cabane, il y trouva Guilhèm Prunel et Bernat de Graissens, son compagnon susdit, hérétiques, ainsi que Bernat Daidièr de Guitalens, Bernat de Montesquieu, de Guitalens, Bernat de Graissens, cousin dudit hérétique Bernat, de Saint-Paul-Cap-De-Joux, Pèire Prunel, le père, Pèire Prunel, fils de Bernat Prunel, ledit Bernat Prunel de Saint-Paul-Cap-De-Joux, Pèire Rollan de Serviès, maintenant décédé, Guiral Isarn, de Guitalens, et Raimon Isarn, de Guitalens. Leur demandant ce qu’ils faisaient là, ils répondirent qu’ils étaient là pour être avec lesdits hérétiques et ils lui dirent de les adorer. Ce qu’il fit, et toutes les personnes susnommées qui n’étaient pas des parfaits hérétiques le firent une fois avec lui, en fléchissant trois fois les genoux selon le rite et l’usage des hérétiques ; et il mangea avec eux. Lui, Arnal, qui dépose, refit cette adoration à son départ, en fléchissant trois fois les genoux selon le rite et l’usage des hérétiques. Le lendemain, étant retourné à ladite cabane, il y trouva Prunel et Bernat, son compagnon susdit, hérétiques, en compagnie d’Arnal Rasèire, a la pêcheur, qui demeure à Gourniés, d’Arnal Delga, qui demeurait à La Gazarié, en deçà de Lautrec, jadis fils d’Arnal Delga, son père qui vit toujours, de Raimon Delga, père des défunts Guilhèm et Raimon Delga qui vit toujours, de la paroisse de Saint-Jean de Serviès, de Joan Gairaut, le vieux, de la paroisse de Saint-Jean de Serviès, qui demeure au mas dénommé La-Gayraudié, au diocèse d’Albi, d’Isarn de Ricalens, maintenant décédé, de Serviès, de Guiral Isarn, de Guitalens, de Raimon Isarn, son neveu, de Guitalens, de Raimon Vinhas, maintenant décédé, de la paroisse de Saint-Pierre de Guitalens, d’Elias de Lalbarède, pêcheur, maintenant décédé, de Bernat de Graissens, cousin dudit hérétique, de Pèire Prunel, fils, de Bernat Prunel, son père, et de Raimon Daidièr. Toutes les personnes susdites adorèrent avec lui, Arnal, qui dépose, lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux selon le rite et l’usage des hérétiques. Ils mangèrent aussi tous ensemble avec lesdits hérétiques. Après avoir fini de manger, lui, Arnal, qui dépose, s’en alla en refaisant la même susdite adoration, et il laissa-là lesdits hérétiques et les autres personnes susnommées.

De même, il dit qu’il retourna plusieurs fois, jusqu’à six ou sept fois, à ladite cabane où les susdits hérétiques demeurèrent pendant trois semaines, et il y vit, en compagnie desdits hérétiques, Raimon Daidièr, Guiral Isarn, Raymond Isarn, neveu dudit Guiral, tous de Guitalens, Bernat et Pèire Prunel, frères dudit hérétique Guilhèm, Pèire de Graissens, père dudit Bernat de Graissens, hérétique, Pèire Scola, Bernat Asalbert et Guilhèm Asalbert, frères, tous de Saint-Paul-Cap-De-Joux, Arnal Raseire, pêcheur, Arnal Delga, de la paroisse de Saint-Jean de Serviès, en Albigeois, Bernat de Montesquieu, de Guitalens, – une ou deux fois –, Pèire Prunel, fils dudit Bernat Prunel, – trois ou quatre fois –, Pèire Rollan, de Serviès, – une fois –, Raimon Delga, – une ou deux fois –, Joan Gairald, qui demeure maintenant à Saint-Paul-Cap-De-Joux, – une ou deux fois –, Isarn de Ricalens, décédé, – deux fois –, Raimon Vinhas, de Guitalens, – une fois –, Elias de Lalbarède, de Guitalens, – deux fois –, Bernat Cruvelier, – deux ou trois fois –, et Arnal Cruvelier, frères, de Saint-Paul-Cap-De-Joux, – deux ou trois fois –. Lui, le témoin, et toutes et chacune des personnes susdites adorèrent, toutes les fois susdites, lesdits hérétiques trois fois genoux fléchis, et ils adorèrent à chaque fois avec les autres, c’est-à-dire avec le témoin et avec les autres personnes susnommées, et tant le témoin que toutes les personnes susdites leur apportaient des victuailles.

De même, interrogé en quels autres lieux il vit lesdits hérétiques, il dit à Saint-Paul-Cap-De-Joux, dans la maison de Bernat Prunel, il y a cinq ans environ3. Il vit aussi lesdits hérétiques plus de vingt fois dans la localité susdite de Saint-Paul-Cap-De-Joux, dont cinq fois dans ladite maison de Bernat Prunel.

Interrogé s’il vit d’autres personnes avec eux, il dit que oui, à savoir Pons Jougla, charpentier, Raimon Guitard, charpentier, de Saint-Paul-Cap-De-Joux, qui, une fois, chevilla le toit de Bernat Prunel avec ledit Guilhèm Prunel et Bernat de Graissens, hérétiques. Interrogé sur les autres endroits où il vit lesdits hérétiques au cours de ces vingt fois, il dit dans la maison de Pèire Prunel. Il vit lesdits hérétiques entrer dans ladite maison quatre fois environ. Interrogé sur les personnes qui étaient avec eux, il dit Bernat de Graissens et Estève de Pradines qui entrèrent alors avec lesdits hérétiques dans ladite maison. Interrogé de même s’il vit lesdits hérétiques dans d’autres endroits au cours de ces vingt fois, excepté ce qui a été dit, il dit que oui. Il les a vu entrer à plusieurs reprises dans la maison de Raimon Guiral, scribe et vendeur de fer, et avec eux Pèire Prunel, Bernat de Graissens, cousin dudit Bernat hérétique, ledit Raimon Guiral et Estève de Pradines. Interrogé de même s’il vit lesdits hérétiques entrer dans un autre endroit, il dit dans la maison d’Arnal Tardieu, huit fois environ, et Estève de Pradines, Pèire Prunel, Bernat Isarn et ledit Arnal Tardieu entrèrent dans ladite maison avec lesdits hérétiques.

De même, ledit Arnal, qui dépose, dit qu’il y a six ans environs4, Pierre Sautroga, paroissien de l’église Saint-Jean de Serviès, avait été malade de l’affection dont il mourut, dans sa maison, c’est-à-dire celle du malade. Une nuit, l’épouse dudit Pèire Sautroga, qui s’appelle Guilhelma, vint auprès du témoin qui dépose et lui dit de venir à sa maison parce que son mari devait être hérétiqué. En entrant dans ladite maison dudit malade, il y trouva Guilhèm Prunel et Bernat de Graissens, hérétiques, en compagnie d’Estève de Pradines, de Saint-Paul-Cap-De-Joux, qui avait amené lesdits hérétiques, comme cet Estève le dit au témoin, de ladite Guilhelma, épouse dudit malade, de Bartolomia, épouse de Pèire Rollan, de Raimon Delafont, de Serviès, et de Raimonda, la fille dudit malade. Lui, témoin qui dépose, et toutes les autres personnes susnommées adorèrent lesdits hérétiques en fléchis­sant trois fois les genoux, selon l’usage et le rite des hérétiques, et le malade adora comme il put. Ensuite, ledit malade, mains jointes placées entre les mains dudit Guilhèm Prunel, hérétique, demanda à être reçu dans leur foi et leur secte, espérant et voulant être sauvé par eux. Alors, l’hérétique Guilhèm le reçut et l’hérétiqua selon le rite et l’usage des hérétiques, en posant le livre sur le malade et en disant des paroles que lui Arnal, témoin qui dépose, ne comprit pas. Par la suite, au moment au départ de lui, témoin, tant lui-même qui dépose, que les autres personnes susnommées adorèrent lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux selon le rite et l’usage des hérétiques. Puis, ayant laissé là lesdits hérétiques et les autres personnes, lui, Arnal, s’en alla.
De même, interrogé sur l’année, il dit comme au-dessus. De même sur le jour, il dit ne pas s’en souvenir. De même sur les personnes et le lieu, il dit comme au-dessus. De même sur l’heure, il dit que c’était de nuit.

De même, il dit que deux ans et demi environ5 se sont écoulés depuis qu’Arnal Delga, jadis fils d’Arnal Delga qui vit toujours, de la paroisse de Saint-Jean de Serviès, qui habitait aussi au lieu-dit La-Gazarié, était malade de l’affection dont il mourut. Une nuit, lui, témoin qui dépose, vint voir ce malade avec Guilhèm Cochafieu et Raimon Delafont, et ils trouvèrent dans la maison dudit malade, Arnal Delga, père dudit malade, Pèirona, épouse dudit Arnal, père dudit malade, Raimonda, épouse dudit malade, Raimon Delga, frère de ce malade, et Bernat Delga, frère dudit malade. Tandis que lui, le témoin, et toutes les personnes susnommées se trouvaient là, arrivèrent Guilhèm Prunel et Bernat de Graissens, hérétiques susmentionnés, qui entrèrent dans ladite maison. Lui, le témoin, et les personnes susnommées adorèrent les susdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux selon l’usage et le rite des hérétiques, ainsi que le malade, comme il put. Ensuite, ledit malade plaça ses mains entre les mains dudit Guilhèm Prunel, hérétique, et demanda à être reçu dans leur foi et leur secte, espérant et voulant être sauvé par eux. Alors, ce Guilhèm, hérétique, le reçut et l’hérétiqua selon le rite et l’usage des hérétiques, en posant le livre sur le malade et en disant des paroles que lui, Arnal, témoin qui dépose, ne comprit pas. Par la suite, au départ de lui, témoin qui dépose, lui, témoin qui dépose, et les personnes susnommées adorèrent lesdits hérétiques en fléchissant les genoux, selon le rite et l’usage des hérétiques. Laissant là lesdits hérétiques et les autres per­sonnes, lui, Arnal, s’en alla avec les amis susnommés avec lesquels il était venu.
De même, interrogé sur l’année, il dit comme au-dessus. De même sur le jour, il ne s’en souvient plus. De même sur les personnes et le lieu, il dit comme au-dessus. Interrogé de même pour connaître celui qui amena lesdits hérétiques, il dit l’ignorer. De même sur l’heure, il dit que c’était de nuit.

De même, il dit que lorsque Guilhèm Cochafieu était malade de l’affection dont il mourut, au lieu-dit Gourniès, dans la paroisse de Saint-Jean de Serviès, il y a deux ans environ6, lui, témoin qui dépose, vint voir une nuit ce malade et trouva dans la maison où ledit malade était souffrant, Pèire, Guilhèm et Raimon Cochafieu, frères et fils du malade, et Guilhelma, Bernarda et Ricarda, épouses desdits frères. Arrivèrent alors Guilhèm Prunel et Bernat de Graissens, hérétiques, et ensuite Arnal de Gourniès. Lui, témoin qui dépose, et les personnes susnommées adorèrent lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux selon le rite et l’usage des hérétiques, ainsi que le malade, comme il put. Ensuite, ledit malade plaça ses mains entre les mains dudit Guilhèm Prunel, hérétique, et demanda à être reçu dans leur foi et secte, espérant et voulant être sauvé par eux. Ce Guilhèm, hérétique, le reçut et l’hérétiqua, selon le rite et l’usage des hérétiques, en posant le livre sur le malade et en disant des paroles que ledit Arnal, témoin qui dépose, ne comprit pas. Par la suite, au départ, lui, témoin qui dépose, et les personnes susnommées adorèrent lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux selon le rite et l’usage des hérétiques. Laissant les hérétiques et les autres personnes, lui, Arnal, s’en alla.
De même, interrogé sur l’année, le lieu et les personnes, il dit comme au-dessus. De même sur le jour, il ne s’en souvient plus. De même pour savoir qui amena lesdits hérétiques, il dit l’ignorer. De même sur l’heure, il dit que c’était de nuit.

De même, il dit qu’il y a cinq ans environ7, lorsque Marquesia, épouse de Guilhèm Cochafieu, le vieux, était malade de l’affection dont elle mourut, au lieu-dit Gourniès, dans la paroisse de Saint-Jean de Serviès, lui, témoin qui dépose, vint voir une nuit ladite malade, et il trouva dans la maison où ladite malade était souffrante, Pèire, Guilhèm, Raimon et Bernat Cochafieu, frères et fils de ladite malade, Guilhelma, épouse de Bernat, Bernarda, épouse du susdit Pèire, et Arnal de Gourniès, et il y avait là Guilhèm Prunel et Bernat de Graissens, hérétiques. Lui, témoin qui dépose, et les personnes susnommées adorèrent lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux selon le rite et l’usage des hérétiques, ainsi que la malade, comme elle put. Ensuite, ladite malade plaça ses mains entre les mains dudit Guilhèm Prunel, hérétique, et demanda à être reçu dans leur foi et leur secte, espérant et voulant être sauvée par eux. Ce Guilhèm, hérétique, la reçut et l’hérétiqua, selon l’usage et le rite des hérétiques, en posant le livre sur la malade et en disant des paroles qu’Arnal, témoin qui dépose, ne comprit pas. Par la suite, au départ, lui, témoin qui dépose, et les personnes susnommées adorèrent lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux selon le rite et l’usage des hérétiques. Laissant lesdits hérétiques et les autres personnes, lui, Arnal, s’en alla.
Interrogé sur l’année, le lieu et les personnes, il dit comme au-dessus. De même sur le jour, il ne s’en souvient plus. Interrogé sur l’heure, il dit que c’était de nuit. Interrogé de même pour savoir qui amena lesdits hérétiques, il dit l’ignorer.

De même, il dit qu’il entendit Bernat de Graissens, cousin dudit Bernat, hérétique, dire que Bernat Cochafieu avait été hérétiqué à sa mort et que ce Bernat avait assisté à ladite hérétication.

De même, interrogé, <il dit que> ledit Bernat lui avait dit que d’autres personnes avaient assisté à ladite hérétication. <Interro­gé pour savoir> qui elles étaient, il dit qu’il ne le lui avait pas dit. Interrogé de même sur l’époque, il dit l’été dernier8. Interrogé de même sur le lieu où il lui avait dit cela, il dit que c’était à Saint-Paul-Cap-De-Joux. Sur les autres points, il dit ne rien savoir.

De même, il dit qu’il y a un an, vers la fête de la Nativité du Seigneur9, lorsque Pons de Lalbarède, de la paroisse de Guitalens, au diocèse de Toulouse, était malade de l’affection dont il mourut, lui, témoin qui dépose, vint voir une nuit ledit malade parce que l’épouse de ce dernier était la tante de sa propre épouse, à lui, témoin qui dépose. Il y trouva les deux susdits hérétiques en compagnie de Guilhèm Pons, frère dudit malade, de Bernat et d’Elias, frères et fils dudit malade, de Ricarda, épouse de ce Bernat, et de Bernarda, épouse du malade. Ensuite, lui, témoin qui dépose, et les personnes susdites adorèrent lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux selon le rite et l’usage des hérétiques, ainsi que le malade, comme il put. Ensuite, ledit malade plaça ses mains entre les mains dudit Guilhèm Prunel, hérétique, et demanda à être reçu dans leur foi et secte, espérant et voulant être sauvé par eux. Ce Guilhèm, hérétique, le reçut et l’hérétiqua, selon le rite et l’usage des hérétiques, en posant le livre sur le malade et en disant des paroles que lui Arnal, témoin qui dépose, ne comprit pas. Ensuite, lesdits hérétiques s’en allèrent mais avant cela, tant lui-même, témoin, que les personnes susnommées les adorèrent en fléchissant trois fois les genoux, selon le rite et l’usage des hérétiques. Lui, témoin qui dépose, resta dans ladite maison dudit malade après le départ desdits hérétiques.
Interrogé sur l’époque, il dit comme au-dessus. De même sur le lieu et les personnes, il dit comme au-dessus. Sur le jour, il ne s’en souvient plus. Interrogé sur l’heure, il dit que c’était de nuit. Interrogé de même pour savoir qui amena lesdits hérétiques, il dit qu’il l’ignore.

De même, il dit qu’il y a deux ans et demi environ10, lorsque Bernat Alpaja, de la paroisse de Guitalens, au diocèse de Toulouse, était malade de l’affection dont il mourut, lui, témoin qui dépose, vint à la maison dudit malade, au lieu-dit Alpaja, et il entra dans la maison dudit malade. Il y trouva Guilhèm Prunel et Bernat de Graissens, hérétiques, ainsi qu’Arnal, fils dudit malade, les épouses desdits malade et fils, et Pèire Molis, du même lieu. Ensuite, ui, témoin qui dépose, et les personnes susnommées adorèrent lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux selon le rite et l’usage des hérétiques, ainsi que le malade, comme il put. Ensuite, ledit malade plaça ses mains entre les mains dudit Guilhèm Prunel, hérétique, et demanda à être reçu dans leur foi et secte, espérant et voulant être sauvé par eux. Ce Guilhèm, hérétique, le reçut et l’hérétiqua selon le rite et l’usage des hérétiques, en posant le livre sur le malade et en disant des paroles que lui, Arnal, témoin qui dépose, ne comprit pas. Par la suite, au départ, lui, témoin qui dépose, et les personnes susnommées adorèrent lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux selon l’usage et le rite des hérétiques. Laissant lesdits hérétiques et les autres personnes susnommées, lui, Arnal, s’en alla.
De même interrogé sur l’époque, le lieu et les personnes, il dit comme au-dessus. De même sur le jour, il ne s’en souvient plus. Interrogé sur l’heure, il dit que c’était de nuit. Interrogé de même pour savoir qui amena lesdits hérétiques, il dit l’ignorer.

De même, il dit qu’il y a deux ans environ11, lorsque Pierre Ricaut, de la paroisse Saint-Pierre de Guitalens, en deçà de la rivière, rive côté Albi, était malade de l’affection dont il mourut, lui, témoin qui dépose vint une nuit à la maison dudit malade et entra dans cette maison. Il y trouva les deux susdits hérétiques en compagnie d’Uga, mère dudit malade, de Raimonda, épouse dudit malade, et de Pons Ermangal, de Guitalens, bouvier de ce malade. Ensuite, lui, témoin qui dépose, et les personnes susnommées adorèrent lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux selon le rite et l’usage des hérétiques, et ce malade adora comme il put. Ensuite, ledit malade plaça ses mains entre les mains dudit Guilhèm Prunel, hérétique, et demanda à être reçu dans leur foi et secte, espérant et voulant être sauvé par eux. Ce Guilhèm, hérétique, le reçut et l’hérétiqua, selon le rite et l’usage des hérétiques, en posant le livre sur le malade et en disant des paroles que lui, témoin qui dépose, ne comprit pas. Par la suite, au départ, lui, témoin qui dépose, et les personnes susnommées adorèrent lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux selon le rite et l’usage des hérétiques. Laissant lesdits hérétiques et les autres personnes, lui, Arnal, témoin qui dépose, s’en alla.
De même, interrogé pour connaître celui qui amena lesdits hérétiques, il dit ne rien savoir. Interrogé de même sur l’époque, le lieu et les personnes, il dit comme au-dessus. Sur le jour, il dit ne rien savoir. Interrogé sur l’heure, il dit que c’était de nuit.

De même, interrogé sur la raison pour laquelle il dit ne pas connaître les personnes qui amenaient lesdits hérétiques lors des susdites hérétications, il répond que comme les hérétiques habitaient dans Saint-Paul-Cap-De-Joux et qu’ils se trouvaient ainsi guère éloignés des localités où ils se rendaient, et que la rivière passait au milieu, il pense qu’ils prenaient eux-mêmes une barque et venaient par leurs propres moyens jusqu’à la rive et ensuite jusqu’aux maisons desdits malades.
Interrogé pour savoir qui informait les hérétiques des maladies desdites personnes à hérétiquer et de leur désir d’être hérétiqué, il dit qu’il l’ignore.

La même année, le trois des nones de février12, lui, Arnal, témoin qui dépose, dit, en présence des mêmes personnes, qu’un an s’est écoulé environ13 depuis qu’il rencontra lesdits hérétiques à Blejaria14, en Lautrécois. Le témoin pense qu’ils venaient de Saint-Paul-Cap-De-Joux. Ils lui dirent que Elias de Lalbarède, de la paroisse Saint-Pierre de Guitalens, rive côté Albigeois, était malade de l’affection dont il mourut et qu’ils venaient pour le recevoir dans leur secte, et ils l’invitèrent à venir avec eux. Ce qu’il fit. En entrant dans la maison où ledit malade était souffrant, lesdits hérétiques et lui, témoin qui dépose, trouvèrent Pèire, Raimon et Pons Elias, fils dudit malade, la mère de ces fils et l’épouse dudit malade qui se fait appeler Bugarella, Pèire Marti et Guilhelma, son épouse, Guiral et Pèire, fils desdits conjoints, et Guilhelma, épouse du susdit Pèire Elias. Alors qu’ils étaient là, lui, témoin qui dépose, et toutes les personnes susdites adorèrent les De même, interrogé pour connaître celui qui amena lesdits hérétiques, il dit ne rien savoir. Interrogé de même sur l’époque, le lieu et les personnes, il dit comme au-dessus. Sur le jour, il dit ne rien savoir. Interrogé sur l’heure, il dit que c’était de nuit.

De même, interrogé sur la raison pour laquelle il dit ne pas connaître les personnes qui amenaient lesdits hérétiques lors des susdites hérétications, il répond que comme les hérétiques habitaient dans Saint-Paul-Cap-De-Joux et qu’ils se trouvaient ainsi guère éloignés des localités où ils se rendaient, et que la rivière passait au milieu, il pense qu’ils prenaient eux-mêmes une barque et venaient par leurs propres moyens jusqu’à la rive et ensuite jusqu’aux maisons desdits malades.
Interrogé pour savoir qui informait les hérétiques des maladies desdites personnes à hérétiquer et de leur désir d’être hérétiqué, il dit qu’il l’ignore.

La même année, le trois des nones de février15, lui, Arnal, témoin qui dépose, dit, en présence des mêmes personnes, qu’un an s’est écoulé environ16 depuis qu’il rencontra lesdits hérétiques à Blejaria17, en Lautrécois. Le témoin pense qu’ils venaient de Saint-Paul-Cap-De-Joux. Ils lui dirent que Elias de Lalbarède, de la paroisse Saint-Pierre de Guitalens, rive côté Albigeois, était malade de l’affection dont il mourut et qu’ils venaient pour le recevoir dans leur secte, et ils l’invitèrent à venir avec eux. Ce qu’il fit. En entrant dans la maison où ledit malade était souffrant, lesdits hérétiques et lui, témoin qui dépose, trouvèrent Pèire, Raimon et Pons Elias, fils dudit malade, la mère de ces fils et l’épouse dudit malade qui se fait appeler Bugarella, Pèire Marti et Guilhelma, son épouse, Guiral et Pèire, fils desdits conjoints, et Guilhelma, épouse du susdit Pèire Elias. Alors qu’ils étaient là, lui, témoin qui dépose, et toutes les personnes susdites adorèrent les ledit malade plaça ses mains entre les mains dudit Guilhèm Prunel, hérétique, et demanda à être reçu dans leur foi et secte, espérant et voulant être sauvé par eux. Ce Guilhèm, hérétique, le reçut et l’hérétiqua selon l’usage et le rite des hérétiques, en posant le livre sur le malade et en disant des paroles que lui, Arnal, témoin qui dépose, ne comprit pas. Par la suite, au départ, lui, témoin qui dépose, et les personnes susdites adorèrent lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux selon le rite et l’usage des hérétiques. Ensuite, lesdits hérétiques s’en allèrent avec les personnes susnommées de Saint-Paul-Cap-De-Joux, tandis que lui, témoin qui dépose, resta dans la maison avec les autres personnes susdites.
De même, interrogé sur l’année, le lieu, et les personnes, il dit comme au-dessus. Sur le jour, il dit ne plus s’en souvenir. Interrogé de même pour savoir qui amena lesdits hérétiques, il dit les personnes susnommées de Saint-Paul-Cap-De-Joux parce qu’ils étaient venus avec les susdits hérétiques. Interrogé sur l’heure, il dit que c’était de nuit. Interrogé de même si <les membres de la famille du malade> léguèrent ou donnèrent quelque chose auxdits hérétiques, il dit qu’il l’ignore.

De même, il dit qu’il y a trois semaines environ18, lorsque Raimonda Pauta, du lieu-dit La-Pautaria, de la paroisse Saint-Jean de Serviès, était malade de l’affection dont elle mourut, lui, témoin qui dépose, vint la voir. Il y trouva Joan Pauta, fils de ladite malade, Aicelina, alors épouse de Guilhèm Pauta, mainte­nant décédé, Rixenda, épouse de Bernat Pauta, Pèire Pauta, mari de ladite malade, et Pèire, Sicard, Raimon, et Guilhèm Cochafieu, frères de ladite malade. Arrivèrent alors Guilhèm Prunel et Bernat de Graissens, hérétiques, avec Bernat Pauta, fils de ladite malade qui les amena. Lui, témoin qui dépose, et les personnes susdites adorèrent les susdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux selon le rite et l’usage des hérétiques, et la malade adora comme elle put. Ensuite, ladite malade plaça ses mains entre les mains dudit Guilhèm Prunel, hérétique et demanda à être reçu dans leur foi et leur secte, espérant et voulant être sauvée par eux. Ce Guilhèm, hérétique, la reçut et l’hérétiqua en posant le livre sur la malade et en disant des paroles que lui, Arnal, témoin qui dépose, ne comprit pas. Par la suite, à son départ à lui, témoin qui dépose, lui-même et les personnes susnommées adorèrent lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux selon le rite et l’usage des hérétiques. Laissant lesdits hérétiques et les autres personnes, lui, Arnal, s’en alla.
De même, interrogé sur l’année, le lieu et les personnes, il dit comme au-dessus. Sur le jour, il dit ne plus s’en souvenir. Interrogé de même pour connaître celui qui amena lesdits hérétiques, il dit comme au-dessus. Interrogé sur l’heure, il dit que c’était de nuit. Interrogé de même si <les membres de la famille de la malade> donnèrent ou léguèrent quelque chose auxdits hérétiques, il dit qu’il l’ignore.

De même, il dit qu’il y a trois ans environ19, lorsque Durant, dit Bergognos, qui demeure à Serviès, était malade de l’affection dont il mourut, lui, témoin qui dépose, vint à sa maison et y trouva Guilhèm Prunel et Bernat de Graissens, son compagnon, héré­tiques, en compagnie de Pèire Bergognos, de Serviès, de Pèire Lantar, de Serviès, de Guilhèm Seguier, de Serviès, et de Guilhèm Cochafieu, fils de Bernat Cochafieu, de Serviès. Lui, témoin qui dépose, et les personnes susnommées adorèrent lesdits héré­tiques, en fléchissant trois fois les genoux selon le rite et l’usage des hérétiques, et le malade adora comme il put. Ensuite, ledit malade plaça ses mains entre les mains dudit Guilhèm Prunel, hérétique, et demanda à être reçu dans leur foi et secte, espérant et voulant être sauvé par eux. Ce Guilhèm, hérétique, le reçut et l’hérétiqua en posant le livre sur le malade et en disant des paroles que lui, Arnal, témoin qui dépose, ne comprit pas. Par la suite, à son départ à lui, témoin, lui, témoin qui dépose, et les personnes susnommées adorèrent lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux, selon le rite et l’usage des hérétiques. Laissant lesdits hérétiques et les autres personnes, lui, Arnal, s’en alla.
De même, interrogé sur l’année, le lieu et les personnes, il dit comme au-dessus. Sur le jour, il dit ne plus s’en souvenir. Interrogé de même pour savoir qui amena lesdits hérétiques, il dit qu’il l’ignore. Interrogé sur l’heure, il dit que c’était de nuit. Interrogé de même si <le malade> légua ou donna quelque chose auxdits hérétiques, il dit qu’il l’ignore.

De même, la même année, le trois des nones de février20, en présence des mêmes personnes et de moi, notaire, cet Arnal, témoin qui dépose, dit et confesse spontanément qu’il vit lesdits hérétiques sur la rive du Bagas, au lieu-dit Pécantet, sous un saule. Ils mangèrent là et <lesdits hérétiques> eurent de lui, témoin qui dépose, la valeur de cinq sols de poissons.

De même, il dit qu’il vit lesdits hérétiques à la maison d’En Rollan, de Serviès, et Bartolomia Rollan, Pèire Rollan, son mari, Pèire Rollan, le jeune, Raimon Rollan, son frère, Florensa, épouse dudit Raimon, Garsenda, épouse dudit Pèire, Duranta, servante des personnes susdites, et lui, témoin qui dépose, mangèrent dans ladite maison avec lesdits hérétiques. Lui, le témoin, et toutes et chacune des personnes susnommées adorèrent lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux selon le rite et l’usage des hérétiques. Lui, témoin qui dépose, et les personnes susnommées firent la susdite adoration tout d’abord en arrivant et ensuite quand <lesdits hérétiques> voulurent repartir.
De même, interrogé sur l’époque, il dit : il y a deux ans environ21. Interrogé sur le lieu et les personnes, il dit comme au-dessus.

De même, il dit qu’il vit lesdits hérétiques dans la maison de Pèire Pauta, de la paroisse Saint-Jean de Serviès. Bernat et Guilhèm Pauta, frères, Joan Pauta, Rixenda, épouse de Bernat, Aicelina, épouse du susdit Guilhèm, Pèire Pauta, Ramunda, son épouse, et lui, témoin qui dépose, mangèrent avec lesdits hérétiques dans cette maison. Lui-même et toutes et chacune des personnes <susnommées> adorèrent lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux selon le rite et l’usage des hérétiques. Toutes et chacune des personnes susnommées firent cette adoration à leur arrivée et à leur départ, ainsi que lui, témoin qui dépose.
Interrogé sur l’époque, il dit que c’était il y a un an environ22. Sur les personnes et le lieu, il dit comme au-dessus. Interrogé de même sur le jour, il dit qu’il ne s’en souvient plus. Interrogé sur l’heure, il dit que c’était à midi.

De même, il dit qu’il vit lesdits hérétiques dans la maison de Guilhèm Cochafieu, à Gorniès, dans la paroisse de Saint-Jean de Serviès, et lui, Arnal, témoin qui dépose, mangea avec lesdits hérétiques ainsi que Guilhèm Bernat de Serviès, chevalier, maintenant décédé, Arnal Delga, le jeune, les frères Pèire, Bernat, Raimon et Sicard Cochafieu, de Gorniès, Marquesia, épouse de Guilhèm Cochafieu, le vieux, et Sicard Cochafieu, le neveu. Lui, témoin qui dépose, et toutes et chacune des personnes susnom­mées adorèrent lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux selon l’usage et le rite des hérétiques. Ils firent cette adoration à leur arrivée et à leur départ.
Interrogé sur l’époque, il dit que c’était il y a cinq ans environ23. Interrogé sur le lieu et les personnes, il dit comme au-dessus. Interrogé sur le jour, il dit qu’il ne s’en souvient plus. Interrogé sur l’heure, il dit que c’était le soir.

De même, il vit lesdits hérétiques sur la rive de l’Agout, entre Blejaria et Port-neuf24, il y a huit jours à peine25.
Interrogé pour savoir qui était avec eux, il dit que personne n’était alors avec eux mais qu’ils marchaient seuls sur le chemin.

De même, il dit qu’il vit lesdits hérétiques dans la maison de Guilhèm de Cuq26, chevalier, de la paroisse de Serviès. Le témoin qui dépose mangea avec lesdits hérétiques en compagnie de Raimon de Cuq, maintenant décédé, de dame Santa, épouse du susdit Guilhèm de Cuq, et dudit Guilhèm de Cuq. Lui, témoin qui dépose et toutes et chacune des personnes susnommées, exceptée dame Santa, à ce que lui, témoin, vit, adorèrent lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux selon le rite et l’usage des hérétiques. Lui, le témoin, et les personnes susnommées firent cette adoration à leur arrivée et à leur départ, exceptée dame Santa.
Interrogé sur l’époque, il dit que c’était il y a trois ans environ27. Sur les personnes et le lieu, il dit comme au-dessus. De même sur le jour, il dit qu’il ne s’en souvient plus. Interrogé sur l’heure, il dit que c’était de jour.

De même, il dit qu’il vit lesdits hérétiques, dans la maison de Pons Delpech, de la paroisse de Saint-Jean de Serviès, il y a deux ans environ28, et Pons Delpech, Pèirona, épouse dudit Pons, et les fils dudit Pons, Joan et Raimon, mangèrent avec lesdits hérétiques dans ladite maison. Lui, témoin qui dépose, et les personnes susnommées adorèrent lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux, selon le rite et l’usage des hérétiques. Toutes et chacune des personnes susnommées firent cette adoration à l’arrivée et aussi au départ.
De même, interrogé sur l’époque, il dit comme au-dessus. Sur le lieu et les personnes, il dit comme au-dessus. Sur le jour, il dit qu’il ne s’en souvient plus. Interrogé sur l’heure, il dit que c’était en fin de journée.

De même, il dit qu’il y a quatre ans environ29, il vit lesdits hérétiques, dans la maison de Guilhèm Delpech, de ladite paroisse Saint-Jean, et ledit témoin mangea avec lesdits hérétiques, dans ladite maison, en compagnie de Guilhèm Delpech, de Maria, son épouse, et de Pèire, leur fils. Lui, témoin qui dépose, et toutes et chacune des personnes susnommées adorèrent lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux selon le rite et l’usage des hérétiques. Toutes les personnes susnommées firent cette adoration à l’arrivée et aussi au départ.
De même, interrogé sur l’époque, il dit comme au-dessus. De même sur le lieu et les personnes, il dit comme au-dessus. Sur le jour, il ne s’en souvient plus. Interrogé sur l’heure, il dit que c’était none.

De même, il dit qu’il y a quatre ans environ30, il vit lesdits hérétiques dans la maison de Pèire Guitar, de la paroisse de Saint-Germier, au diocèse de Toulouse. Lui, témoin qui dépose, mangea avec lesdits hérétiques en compagnie d’Arnal Guitar et dudit Pèire Guitard. Lui, le témoin, et les personnes susnommées adorèrent lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux selon le rite et l’usage des hérétiques. Toutes et chacune des personnes susnommées firent cette adoration tout d’abord à l’arrivée et <ensuite> au départ.
De même interrogé sur l’époque, le lieu et les personnes, il dit comme au-dessus. Interrogé sur l’heure, il dit que c’était le matin au petit-déjeuner.

De même, il dit qu’il vit lesdits hérétiques, à la cabane susdite plus haut qui se trouve en bordure de l’Agout, il y a six ans environ31, en compagnie de Raimon Daidièr, de Guilhèm Veziat, de Cuq, de Pèire Rollan, de Serviès, gendre dudit Guilhèm Veziat, et de lui, témoin qui dépose. Toutes les personnes susdites mangèrent ensemble des anguilles et autres poissons, ainsi que du pain et du vin. Lui, témoin qui dépose, et les personnes susnommées adorèrent lesdits hérétiques en fléchissant trois fois les genoux, selon le rite et l’usage des hérétiques. Toutes et chacune des personnes susnommées firent cette adoration à leur arrivée et aussi à leur départ.
De même interrogé sur l’époque, il dit comme au-dessus. De même sur le lieu et les personnes, il dit comme au-dessus. De même, sur le jour, il ne s’en souvient plus. Interrogé sur l’heure, il dit que c’était vers midi.

De même, il dit qu’il y a trois ou quatre ans32, il vit lesdits hérétiques, près de la maison de Guilhèm Veziat, dans la paroisse de Saint-André. Guilhèm Veziat, fils du susdit Guilhèm Veziat, et lui, témoin qui dépose, mangèrent avec lesdits hérétiques, hors de la maison, près de la pêcherie. Lui, témoin qui dépose, et le susdit Guilhèm Veziat adorèrent lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux selon le rite et l’usage des hérétiques. Ils firent la même adoration à leur arrivée et à leur départ.
De même, interrogé sur l’époque, le lieu et les personnes, il dit comme au-dessus. De même sur le jour, il ne s’en souvient plus. Interrogé sur l’heure, il dit que c’était le matin.

De même, il dit qu’il vit lesdits hérétiques dans la maison d’Arnal Raseire, dans la paroisse de Saint-Germier, au diocèse de Tou­louse. Ledit Arnal Raseire, Guilhelma, son épouse, Arnal, leurs fils, et lui, témoin qui dépose, mangèrent dans ladite maison avec lesdits hérétiques. Lui, le témoin, et toutes et chacune des per­sonnes susnommées adorèrent lesdits hérétiques, en fléchissant trois fois les genoux selon le rite et l’usage des hérétiques. Ils firent cette même adoration à leur arrivée et à leur départ.
De même, interrogé sur l’époque, le lieu et les personnes, il dit comme au-dessus. De même sur le jour, il ne s’en souvient plus. Interrogé sur l’heure, il dit que c’était vers none.

De même, en l’an du Seigneur 1285, le 17 des calendes d’avril33, cette susdite confession a été lue au susdit Arnal Agassa, à Albi, dans le palais épiscopal, en présence du révérend père, seigneur Bernard, évêque d’Albi par la grâce de Dieu, et de frère Jean Vigouroux, inquisiteur des hérétiques, et le témoin l’approuva comme étant véridique et sûre, et ne contenant aucune falsification ; et il abjura toute hérésie et jura de croire, de tenir, de vivre et de mourir dans la foi catholique ; de même que de poursuivre et de capturer les hérétiques, et de faire ce qu’il peut pour qu’ils soient capturés, et de demeurer sous le contrôle de l’Église, en engageant sa personne et ses biens.

Témoins : frères Guillhèm de Monclar, prieur des Prêcheurs d’Albi, Guilhèm de Pierrelatte, lecteur du même couvent, Bertran Jacme, adjoint de l’inquisiteur, seigneur Joan Molinièr, archiprêtre de Castres, maître Pèire Radulfe, notaire de l’inquisiteur, et moi, Joan de Rocoles, notaire du seigneur roi.

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1C’est-à-dire le 1er février 1286.

2Vers 1266.

3Vers 1281.

4Vers 1280.

5Vers 1283.

6Vers 1284.

7Vers 1281.

8Été 1285.

9Vers le 25 décembre 1284.

10Vers 1283.

11Vers 1284.

12C’est-à-dire le 2 février 1286.

13Vers 1285.

14Localité disparue.

15C’est-à-dire le 2 février 1286.

16Vers 1285.

17Localité disparue.

18Début janvier 1286.

19Vers 1283.

20C’est-à-dire le 2 février 1286.

21Vers 1284.

22Vers 1285.

23Vers 1281.

24Deux localités aujourd’hui disparues.

25Vers le 25 janvier 1286.

26Aujourd’hui Cuq-Les-Vielmur.

27Vers 1283.

28Vers 1284.

29Vers 1282.

30Ut supra.

31Vers 1280.

32Vers 1282 – 1283.

33C’est-à-dire le 16 mars 1286.

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